samedi 5 novembre 2011

Fin d'une aventure en Indonésie

Pour terminer ce périple en terre indonésienne, me voilà pour une petite semaine sur l'île de Java. Ancienne capitale chargée d'histoire, mêlée de traditions hindouistes et musulmanes, Jogjakarta dresse des temples et des mosquées, et tresse ses rues étroites parfois douteuses où grouille une population jeune et souriante. Avançant sur Malioboro Street synonyme du coeur de la ville, la chaleur est écrasante et l'humidité palpable. Je devine les larges traces de sueur sur mon t-shirt exercée par le contact de mes deux sacs de voyage tandis que de grosses gouttes de sueur perlent depuis mon chapeau et viennent s'écraser sur mon nez enduit de crème solaire. Remontant la rue pour atteindre le quartier des hôtels et auberges à bas prix, pas une minute ne se passe sans me faire harceler par les chauffeurs de becak et les tireurs de rombong. Les marchés s'installent là où la place le permet et les warung proposent une nourriture toujours aussi surprenante - à base de riz bien entendu. Java étant majoritairement musulmane, on peut entendre le muezzin brailler depuis son minaret pour appeler à la prière. 

Équipé de mon chapeau de cow-boy et de mes sandales inusables, j'arpente les rues carte touristique en main en quête de connaissance d'une culture si lointaine de la nôtre. Château des thermes, palais du sultan, musée d'histoire, l'extérieur excèle en beauté tandis que l'intérieur semble parfois un peu fade. Aux quatre coins de la cité, des artisans présentent avec fierté leurs talents de confection : batik, marionnettes et argenterie s'étalent sur les présentoirs et s'entassent dans les ateliers. Reste à reconnaitre l'original parmi les contrefaçons.

Jogjakarta est aussi attirante par la région qui l'entoure. Au nord de la ville se situe le temple boudhiste de Borobodur, le plus grand du genre sur notre planète et classé comme héritage culturel mondial par l'UNESCO. Après la visite de cet édifice entouré de montagnes boisées, une trentaine d'écoliers de Sumatra me sortent d'une rêverie depuis le banc sur lequel je suis assis et commencent à m'assaillir de questions aussi banales qu'étonnantes. Visiblement excités par la vision d'un blanc dans un pays à la peau sombre, tous veulent me prendre en photos malgré une certaine retenue sans doute dûe à leur éducation. Deux jours après, c'est sur la plage de Parangtritis au sud de Jogjakarta que la scène se reproduit. Honnêtement, pas besoin d'être acteur pour devenir une super star. Le port d'un chapeau de cow-boy et un billet pour l'Indonésie font l'affaire. Bien entendu l'histoire est un peu grossie, mais une chose est sûre : je ne souhaiterais en aucun cas le devenir un jour.

Pour mon dernier jour sur l'île, je pars en scooter visiter le temple Prambanan, magnifique temple hindou notamment connu pour accueillir le traditionnel ballet Ramayana. Remontant ensuite vers le nord pour observer le Mont Merapi, j'atterris par hasard sur un village en ruine. Victime d'une éruption l'an dernier ayant fait plus d'une centaine de morts et deux mille réfugiés, la coulée de lave a presque tout balayé sur son passage et laissé de rares maisons intactes. Me frayant un passage sur la route défoncée, les ouvriers déblaient les gravas avant de remplir des camions déjà surchargés. En me voyant passer ainsi, ils stoppent net leur activité avec des yeux ronds comme des billes avant de m'adresser un large sourire. Arrivé au bout de la route, des voyageurs locaux me racontent cette effroyable histoire autour d'un café avant de m'inviter à redescendre rapidement en leur compagnie ce monstre endormi. Le volcan est toujours en activité et pourrait se manifester à tout moment.

A mon retour de Java, il me reste quelques jours à flâner à Bali entre session surf et apéro à Kuta connue pour son tourisme sophistiqué puis à Ubud, haut lieu de méditation parmi sa multitude de temples hindous. Les retrouvailles avec un ami hollandais rencontré en Australie me ramènent à une vie plus occidentalisée et permet également de partager une expérience au final plus qu'intéressante. 

Le harrassement de leurs manières commerciales et l'épouvante des transports ne m'auront finalement pas empêché de goûter à une petite part de la magie indonésienne. Cela laisse espoir à vivre une aventure radicalement différente et jusqu'ici relativement préservée de l'occidentalisation du Monde.

Pour la Malaisie, ca sera une toute autre histoire...

Fini le bla-bla, place aux photos !


Jus de coco à même la coque


Water Castle, Jogjakarta, Java



Mont Merapi, vue de l'avion

Rassemblement de becaks, Jogjakarta, Java

Confection d'une marionnette en peau de buffalo, trois semaines de travail et plusieurs milliers coups de maillet

Grappe de nangka

Temple boudhiste de Borobudur, Java




Paysage de rizière, mon kiff

Bien sympa le parc d'attraction :o)

Malioboro Street by night, Jogjakarta, Java

Sultan Palace, Jogjakarta, Java



Plage de Parangtritis, Java

Temple hindou de Prambanan, Java

Ballet Ramayana, Prambanan, Java


Même temple... de jour

Paysage de désolation au bas du Mont Merapi, Java




Mont Merapi pris dans les nuages

Paysage de rizière, toujours mon kiff

Session surf, Kuta, Bali

Magasin de statues hindou, Ubud, Bali

Paysage de campagne, Ubud, Bali


Forêt des singes, Ubud, Bali

Sympa comme souvenirs ;oP

Temple hindou, Ubud, Bali

Ma famille d'accueil, Denpasar, Bali


3 commentaires:

  1. Que de souvenirs très différents tu ramèneras dans tes bagages, c'est surprenant.
    Bonne continuation pour la Malaisie et à bientôt Eric !

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  2. Encore bravo pour toutes ces photos et ces aventures

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  3. Fais gaffe, tu vas bientôt te faire embaucher par le Guide du Routard !

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