lundi 29 août 2011

Retour sur la côte Est !

Me voilà de retour sur la côte Est !

Raymonde retrouve enfin sa maison et m'a tout l'air d'en être heureuse, avec quelques 33000km de plus au compteur et un moteur toujours aussi rutilant. Un voyage (presque) sans emcombre, si ce n'est quelques frayeurs dans l'outback du Queensland. Pensant avoir abordé les coins les plus sauvages d'Australie en Western Australia, ce pays me prouve une fois de plus le contraire et fascine toujours autant. Les paysages et la nature me laissent perplexes et c'est avec délectation que je me suis adonné à un nouveau reportage photos.

Le célèbre kookaburra qui chante comme un singe rit. Fou rire garanti à la première écoute

Cette semaine passée à Darwin me laissa un sentiment de lassitude jusqu'alors inconnue de cette concentration de backpackers, et mon instinct me poussait donc à reprendre la route pour découvrir de nouveaux territoires. Cet atroupement de "voyageurs" squattant les parkings, sans compter les touristes en bob et claquettes ainsi que l'alignement interminable de magasins ultra-cimatisés m'ont donné un certain sentiment d'angoisse. Avec mes vêtements trâchés (néologisme de "troués" et "tâchés") et mon renoncement aux pieds chaussés, c'est mon côté citadin qui a pris une claque !


Papillon corbeau commun


Un arbre en plein exercice de varappe

Ouh qu'il est mignon, mais pas trop près quand même...


Gorges de Nitmiluk (Katherine)

Colonie de plusieurs milliers de chauve souris géantes (flying foxes)

Après une halte dans les gorges de Nitmiluk et une session de canoë sur la rivière Katherine, les sources d'eau chaudes de Mataranka nous dévoilent un havre de paix exotique avec une eau limpide à 30°C où se prélassent poissons, tortues et goannas (sorte de gros lézard consommés par les aborigènes). Heureusement en l'absence de crocodiles... Sans hésitation on sort le maillot pour la demi-heure trempette.


Un goanna

Un bien fou que cette dernière étape de baignade car la route entre le Northern Territory et le Queensland nous offre ensuite un spectacle de désolation. La nature y est aride et le nombre d'animaux écrasés sur la route est incalculable. Pas étonnant qu'on voit survoler au dessus de nos têtes des dizaines de rapaces de toute sorte comme le splendide Wedge-tailed eagle dépassant les 2m d'envergure. Pendant que Raymonde joue à saute-moutons avec des kangourous passés de vie à trépas, pas moins de six road trains transportant des chars d'assault se rendent en sens inverse. Il était vraiment temps de partir...


Youhou ! On rentre à la maison !!

Passée la frontière du Queensland c'est un no man's land que nous traversons, le "never-never" dixit certains aussies de l'outback. Des vaches en troupeau paissent en toute liberté au bord de la route et ne se gênent pas pour traverser au tout dernier moment. Frissons garantis !

Centre-ville de Cloncurry, dans l'outback du Queensland

Paf le Walabi ! Désolé pour les âmes sensibles... :oP


En remontant à Lawn's Hill National Park, La végétation tropicale réapparaît avec palmiers et fougères géantes. Cherchant en vain mes amis crocodiles à bord d'un canoë, nous profitons avec Beate (ma partenaire de voyage) pour nous baigner au pied des chutes d'eau parmi les poissons visibles depuis le rivage. Certains d'entre eux, nommés "archers", chassent les insectes survolant la surface en crachant tels des pistolets à eau. J'ai essayé en y approchant mon doigt, je vous garantis que cela marche :o)



Gorges de Lawn Hill

Des figues sauvages, et quelques centaines d'insectes dans chacune d'elle. Miam ! :o)


Hey buddy, va falloir penser à traverser à un moment

Aire de repos dans l'outback

Millstream Falls

Arrivés aux tablelands et sa chaine de montagnes surplombant Cairns à l'ouest, une transformation complète du paysage s'opère à nouveau. L'air devient d'un coup plus frais et humide, les paturages s'étalent sur des hectares parmi palmiers et cocotiers qui rappellent toutefois notre latitude. A cet instant, quelque chose d'autre me choque sans pour autant me paraître évident au premier regard. Les nuages, je dirais même plus la pluie complètent le décor qui s'offre à nous. Se posant le soir dans un caravan park, je n'ose imaginer cette expérience étrange sur le point de m'arriver mais le port de pantalon devient presque nécessaire.



Cairns s'approche à une allure folle mais rien ne nous demande d'y aller en ligne droite. Après une dégustation de vin de mango confirmant mon amour pour le raisin, c'est sous la chaleur suffocante de Cape Tribulation dans le Daintree National Park que nous faisons escale. Ce paradis terrestre en direction de l'extrême nord-est du pays continent est tel un paysage de Robinson Crusoé, avec ses rangées de cocotiers léchées par un océan pacifique où foisonnent requins et crocodiles. Ayant tant espéré me baigner dans l'océan depuis mon départ de Broome, cette eau sombre et intrigante me conseille de rester sur la plage pour admirer les montagnes vertes qui surplombent la côte. Chaque nuit donne place à un concert de bruits étranges et peu rassurants, laissant supposer la présence de serpents, chauve-souris géantes et autre animaux nocturnes à quelques mètres de notre tente. Nos journées sont quant à elles consacrées à la visite de forêts humides où une végétation dense et luxuriante démontre son ingéniosité pour survivre, comme le figuier étrangleur s'appropriant un arbre plus solide que lui pour l'étouffer jusqu'à que celui meurt et pourrisse entre ses branches entrelacées. Des plantes et des arbres d'une beauté incroyable que je n'aurais jamais imaginés sans ma frénésie pour les documentaires de France 5 du dimanche après-midi...

Un figuier étrangleur





Alexandra lookout, avec l'estuaire de la Daintree River


Promenons nous, dans les bois, pendant que le croco n'y est pas...

Un couple de "peppermint sticks"

Ah! les vacances... :oD


Ces backpackers n'ont décidément pas de vergogne



Un autre serpent, pour la beauté du spécimen fortement vénimeux


Un scorpion se baladant à quelques centimètres de mes pieds.
Pour cette fois, ma partenaire de voyage m'a ordonné de remettre mes sandales !

La vie civile reprend ses droits lors de notre arrivée à Cairns, avec une caricature encore plus pronconcée de mon expérience à Darwin. Profitant des facilités qu'une ville puisse nous offrir pour refaire le plein de courses et d'essence, je repars seul dès le lendemain vers le sud pour rejoindre des amis rencontrés lors de mes précédents jobs. Il me reste maintenant un mois de visa pour conjuguer vacances et la vente de Raymonde, ma chère et fidèle automobile qui m'aura permis de vivre toutes les expériences passées de mon voyage. Il me faudra alors utiliser subtilement ces dernières semaines pour visiter encore bon nombre d'endroits, sans oublier le fait que mon voyage s'achève très prochainement. J'aurai d'ici là le temps pour vous envoyer des nouvelles et vous raconter la fin de mon périple au pays des kangourous.

Bonne rentrée à vous ;o)

mardi 16 août 2011

Entre Western Australia et Northern Territory

Même par cette chaleur d'hiver, je suis toujours vivant !

En raison d'un enchainement de fêtes et d'au revoir, le départ de Broome fut quelque peu laborieux. A tel point que les personnes que j'étais supposé suivre se sont lassées de m'attendre et sont finalement parties sans moi. Une nouvelle preuve de ma ponctualité irréprochable. Qu'à cela ne tienne, je me contenterais aisément de la présence de Raymonde pour partager la suite du voyage qui s'annonce pluôt bien rempli. L'état de fatigue générale étant diagnostiqué, je me faisais une raison de quitter la belle péninsule pour un bol de santé avec l'envie de découvrir une nouvelle région du pays continent : le Territoire du Nord ou Nothern Territory. Un état beaucoup plus petit que l'immense Australie Occidentale où j'y ai passé trois mois. La capitale : Darwin. Les particularités de cet endroit : une forte concentration d'aborigènes et des rivières infestées de crocodiles. Tout un programme :o)

Dès les premières centaines de kilomètres, je retrouve un paysage désertique aux couleurs ocres. La chaleur et la sécheresse y sont tenaces, donnant des coups de pompe avant la fin de matinée. En cette période, nous sommes en plein milieu de la saison sèche. Un rien s'embrase et les paysages de terres brulées sont là pour nous le rappeler. N'ayant pourtant pas vu la pluie depuis presque deux mois, l'eau est partout dans la région de Kimberley, avec de multiples cours d'eau pour former un immense fleuve se jetant dans l'océan indien. Pendant la "Wet", il parait que le fleuve Fitzroy atteint jusqu'à 20km de large à l'embouchure de l'estuaire. Tout simplement colossal... Avec un tel contraste de terre sèche et de rivières, je serais curieux d'observer les averses tombant pendant la "Wet".

En chemin, l'espoir de retrouver l'aborigène rencontré à Broome fut de courte durée. N'ayant comme information que son prénom - qui plus est son prénom anglais et non d'origine - je pouvais passer beaucoup de temps dans cette petite ville nommée Halls Creek pour espérer retrouver cet homme qui m'avait proposé de chasser le kangourou à la lance. Après quelques heures d'errance et de discussions avec des groupes d'aborigènes, je finis par abandonner mes recherches pour continuer ma route vers le Nord-Est.

Quelques jours de route en solitaire ayant passé, je finis par retrouver l'équipée ratée à Broome composée d'anglais, italiens et français au niveau de la frontière entre le Western Australia et le Northern Territory. Bien que les options de route ne sont pas multiples, il n'est pas toujours facile de retrouver un compagnon sur le chemin. Les villes sont rares et les zones blanches du réseau mobile s'étendent parfois sur des centaines de kilomètres.

Les paysages magiques défilent et laissent place à une végétation changeante ayant des attraits plus exotiques. Le Baobab, symbole du Kimberley, est particulièrement fascinant avec son tronc en forme de bouteille et ses branches poussant de façon rebelle. A Lake Argyle, j'ai enfin l'occasion d'observer des crocodiles d'eau douce à l'état sauvage. Se dorant la pillule au soleil de l'autre côté de la crique, le reptile se repose tranquillement au soleil pendant que je tente d'attraper des Longtom (poissons au bec allongé) avec un bout de pain au bout de ma canne à pêche.

A hauteur de Katherine, les cours d'eau et sources d'eau chaude permettent au touriste de se baigner en toute tranquillité sans risquer de se faire mordre par ces terrifiants prédateurs. L'affluence des vacanciers se fait davantage ressentir, redonnant des airs de promiscuité si habituels chez notre chère Europe. Plutôt irritant pour le backpacker qui souhaite s'approprier ces paysages extraordinaires comme un sentiment d'expérience authentique.

Au bout d'une semaine de route, j'arrive finalement sur Darwin. Un retour à la civilisation parmi les backpackers qui sont là aussi massés de façon incroyable. A mindil Beach, ce sont des dizaines de vans alignés qui sont garés. Beaucoup d'entre eux sont à vendre, et ce n'est pas sans raison. Darwin est connu pour être la passerelle de départ pour l'Asie du Sud-Est. Beaucoup s'envolent pour l'Indonésie, la Malaisie ou la Thaïlande et souhaitent se débarrasser de leur véhicule. Par chance, c'est la période du festival de Darwin qui propose concerts et activités culturelles. Une excuse pour retrouver les joies des soirées nocturnes...

Ces quelques jours de vie urbaine m'ont finalement remis dans cet état second que j'avais précédemment connu à Broome. Sans parler des nuées de moustiques invisibles qui vous piquent en traitre et laissent des marques affreuses sur tout le corps. Peut-être des signes qui me poussent à repartir, pour une dernière longue étape qui me permettra de retrouver la côte pacifique que j'avais quittée en Décembre dernier. J'aurai à ce moment là l'occasion de vous raconter la fin de cette épopée :o)

Fini le blabla et place aux photos !

Une zoulie libelloule toute rouze

C'est bon, ça passe !


Y sont pas meuuugnons ces baobabs ? :oD

Vaches en liberté, gare où tu vas marcher

Densité de la population = 0

Stigmates de feu de bush



Barrage de l'Ord river à Kununurra, Western Australia


Le voilà ! le premier croco que j'ai vu en liberté !


Lake Argyle

Une autre baobab, paske je trouve ça vraiment bieau

Un matin au petit déjeuner

Pas toujours facile de faire du stop quand on est un homme...

Vision quotidienne

Un autre style de campement : dormir sur le toit d'un Van

Un nénuphar à la fleur poilue

C'est bien la cascade que tu regardes, petit chenapan !

Je vous rassure, Raymonde a franchi le cap avec brio ! :o)

Une termitière à l'échelle australienne

Une forêt de cycas



En mode traquage de crocos avec mon fouet et mon chapeau

Instant de détente dans le Litchfield National Park

La tour de goon pour mes amis hollandais

Petite dyalise pour Raymonde. Elle en avait bien besoin :o)

Il faut bien cagoler son auto de temps à autre. Après 25000km sans bavure, elle le mérite

Pour ceux qui se demandent si j'ai coupé mes cheveux ;o)