Me voilà de retour sur la côte Est !
Raymonde retrouve enfin sa maison et m'a tout l'air d'en être heureuse, avec quelques 33000km de plus au compteur et un moteur toujours aussi rutilant. Un voyage (presque) sans emcombre, si ce n'est quelques frayeurs dans l'outback du Queensland. Pensant avoir abordé les coins les plus sauvages d'Australie en Western Australia, ce pays me prouve une fois de plus le contraire et fascine toujours autant. Les paysages et la nature me laissent perplexes et c'est avec délectation que je me suis adonné à un nouveau reportage photos.
Le célèbre kookaburra qui chante comme un singe rit. Fou rire garanti à la première écoute
Cette semaine passée à Darwin me laissa un sentiment de lassitude jusqu'alors inconnue de cette concentration de backpackers, et mon instinct me poussait donc à reprendre la route pour découvrir de nouveaux territoires. Cet atroupement de "voyageurs" squattant les parkings, sans compter les touristes en bob et claquettes ainsi que l'alignement interminable de magasins ultra-cimatisés m'ont donné un certain sentiment d'angoisse. Avec mes vêtements trâchés (néologisme de "troués" et "tâchés") et mon renoncement aux pieds chaussés, c'est mon côté citadin qui a pris une claque !
Papillon corbeau commun
Un arbre en plein exercice de varappe
Ouh qu'il est mignon, mais pas trop près quand même...
Gorges de Nitmiluk (Katherine)
Colonie de plusieurs milliers de chauve souris géantes (flying foxes)
Après une halte dans les gorges de Nitmiluk et une session de canoë sur la rivière Katherine, les sources d'eau chaudes de Mataranka nous dévoilent un havre de paix exotique avec une eau limpide à 30°C où se prélassent poissons, tortues et goannas (sorte de gros lézard consommés par les aborigènes). Heureusement en l'absence de crocodiles... Sans hésitation on sort le maillot pour la demi-heure trempette.
Un goanna
Un bien fou que cette dernière étape de baignade car la route entre le Northern Territory et le Queensland nous offre ensuite un spectacle de désolation. La nature y est aride et le nombre d'animaux écrasés sur la route est incalculable. Pas étonnant qu'on voit survoler au dessus de nos têtes des dizaines de rapaces de toute sorte comme le splendide Wedge-tailed eagle dépassant les 2m d'envergure. Pendant que Raymonde joue à saute-moutons avec des kangourous passés de vie à trépas, pas moins de six road trains transportant des chars d'assault se rendent en sens inverse. Il était vraiment temps de partir...
Youhou ! On rentre à la maison !!
Passée la frontière du Queensland c'est un no man's land que nous traversons, le "never-never" dixit certains aussies de l'outback. Des vaches en troupeau paissent en toute liberté au bord de la route et ne se gênent pas pour traverser au tout dernier moment. Frissons garantis !
Centre-ville de Cloncurry, dans l'outback du Queensland
Paf le Walabi ! Désolé pour les âmes sensibles... :oP
En remontant à Lawn's Hill National Park, La végétation tropicale réapparaît avec palmiers et fougères géantes. Cherchant en vain mes amis crocodiles à bord d'un canoë, nous profitons avec Beate (ma partenaire de voyage) pour nous baigner au pied des chutes d'eau parmi les poissons visibles depuis le rivage. Certains d'entre eux, nommés "archers", chassent les insectes survolant la surface en crachant tels des pistolets à eau. J'ai essayé en y approchant mon doigt, je vous garantis que cela marche :o)
Gorges de Lawn Hill
Des figues sauvages, et quelques centaines d'insectes dans chacune d'elle. Miam ! :o)
Hey buddy, va falloir penser à traverser à un moment
Aire de repos dans l'outback
Millstream Falls
Arrivés aux tablelands et sa chaine de montagnes surplombant Cairns à l'ouest, une transformation complète du paysage s'opère à nouveau. L'air devient d'un coup plus frais et humide, les paturages s'étalent sur des hectares parmi palmiers et cocotiers qui rappellent toutefois notre latitude. A cet instant, quelque chose d'autre me choque sans pour autant me paraître évident au premier regard. Les nuages, je dirais même plus la pluie complètent le décor qui s'offre à nous. Se posant le soir dans un caravan park, je n'ose imaginer cette expérience étrange sur le point de m'arriver mais le port de pantalon devient presque nécessaire.
Cairns s'approche à une allure folle mais rien ne nous demande d'y aller en ligne droite. Après une dégustation de vin de mango confirmant mon amour pour le raisin, c'est sous la chaleur suffocante de Cape Tribulation dans le Daintree National Park que nous faisons escale. Ce paradis terrestre en direction de l'extrême nord-est du pays continent est tel un paysage de Robinson Crusoé, avec ses rangées de cocotiers léchées par un océan pacifique où foisonnent requins et crocodiles. Ayant tant espéré me baigner dans l'océan depuis mon départ de Broome, cette eau sombre et intrigante me conseille de rester sur la plage pour admirer les montagnes vertes qui surplombent la côte. Chaque nuit donne place à un concert de bruits étranges et peu rassurants, laissant supposer la présence de serpents, chauve-souris géantes et autre animaux nocturnes à quelques mètres de notre tente. Nos journées sont quant à elles consacrées à la visite de forêts humides où une végétation dense et luxuriante démontre son ingéniosité pour survivre, comme le figuier étrangleur s'appropriant un arbre plus solide que lui pour l'étouffer jusqu'à que celui meurt et pourrisse entre ses branches entrelacées. Des plantes et des arbres d'une beauté incroyable que je n'aurais jamais imaginés sans ma frénésie pour les documentaires de France 5 du dimanche après-midi...
Un figuier étrangleur
Alexandra lookout, avec l'estuaire de la Daintree River
Promenons nous, dans les bois, pendant que le croco n'y est pas...
Un couple de "peppermint sticks"
Ah! les vacances... :oD
Ces backpackers n'ont décidément pas de vergogne
Un autre serpent, pour la beauté du spécimen fortement vénimeux
Un scorpion se baladant à quelques centimètres de mes pieds.
Pour cette fois, ma partenaire de voyage m'a ordonné de remettre mes sandales !
La vie civile reprend ses droits lors de notre arrivée à Cairns, avec une caricature encore plus pronconcée de mon expérience à Darwin. Profitant des facilités qu'une ville puisse nous offrir pour refaire le plein de courses et d'essence, je repars seul dès le lendemain vers le sud pour rejoindre des amis rencontrés lors de mes précédents jobs. Il me reste maintenant un mois de visa pour conjuguer vacances et la vente de Raymonde, ma chère et fidèle automobile qui m'aura permis de vivre toutes les expériences passées de mon voyage. Il me faudra alors utiliser subtilement ces dernières semaines pour visiter encore bon nombre d'endroits, sans oublier le fait que mon voyage s'achève très prochainement. J'aurai d'ici là le temps pour vous envoyer des nouvelles et vous raconter la fin de mon périple au pays des kangourous.
Bonne rentrée à vous ;o)