samedi 30 avril 2011

Kangaroo Island

Me revoilà sur la toile après plusieurs semaines de silence :o)Comme à mon habitude, mon blog n'est pas prolifique mais les rares messages tentent tout de même de tracer au mieux mes aventures sur le continent océanien. La faute au manque d'accès à Internet, mais aussi à la motivation je le concède. Mais pourquoi me justifier ? Et pourquoi ce type d'introduction ? Peut-être par mon manque d'inspiration de ces derniers temps :oP



Avant de partir de la Barossa, un BBQ organisé par le patron acheva une longue saison de vendanges riche en rencontres et en souvenirs : des bières plongées dans la glace, des saucisses à l'aspect douteux accompagnées de pain de mie au ketchup : the real australian way of life. Une saison suffisamment chargée pour garnir le portefeuille et repartir sur les routes de l'ouest australien. Puis tout le monde s'est dispersé : certains pensent à la côte est, d'autres prêts à braver les routes poussiéreuses de l'outback au centre. Pour nous, l'ouest reste la priorité, mais ne nous empêche pas de passer une dizaine de jours supplémentaires dans la région pour tenter de la connaître au mieux avant de la quitter. Après une dernière journée de dégustation de vins, la fin de séjour en South Australia se fit de la plus belle des manières : Kangaroo island me tendait les bras et je ne pouvais m'empêcher de quitter cet état sans y faire un tour. Une île de 150km de long qui renferme une diversité qui me laisse encore rêveur. Partis à 3 français, deux italiens et une allemande répartis dans deux voitures, nous avons eu le privilège d'emprunter l'un des ferrys les plus chers au monde : plus de 100$ A/R pour un trajet de 45min. Un prix élevé pour limiter l'afflut de véhicules m'a-t-on dit. Mais cela en valait largement la peine.



Pendant cette semaine de voyage, la règle d'or fut de dépenser le moins possible pour espérer de continuer les vacances le plus longtemps possible. Et je dois avouer que le plan a été suivi à la lettre. Le backpacker s'assoit sur le confort, tant que l'endroit reste splendide :o)



Mais comment vous décrire en quelques lignes un tel mélange de couleurs, de paysages, de faune et de flore sur une terre presque insignifiante comparée au continent ? Des routes de terre rouge, des marais salants virant du blanc au beige jaunâtre, des eaux turquoises au bleu profond, des forêts d'eucalyptus mêlés aux arbres à feuilles caduques rougies par l'arrivée de l'automne, des collines verdoyantes tel un paysage de la côte ouest irlandaise, la dualité du jaune et du bleu dans le désert du sud de l'île, du granit rose au Cape du Couedic au sud ouest, des plages de sable mouillé couleur pétrole au coucher du soleil. Bref ! De quoi nous en mettre plein les yeux. Et pour illustrer au mieux ce très court descriptif de l'île, j'ai tenté de vous sélectionner les photos représentant au mieux les différents coins de l'île.


















































Apres cet episode idyllique, me voila sur le point de prendre la route vers Perth. J'espere vous donner des nouvelles pour tres bientot ;o)




Je vous souhaite à tous une excellente fête de la paresse.



Kenavo !

jeudi 7 avril 2011

La Barossa Valley

Après quelques semaines de silence, me revoilà devant mon clavier pour vous raconter mes dernières péripéties :o)
Le voyage avance temporellement, beaucoup moins géographiquement, mais l'aventure continue.

Toujours accompagné du breton Jean Bernard Pachoulet et de ma fidèle Raymonde, c'est finalement dans la barossa Valley que nous atterrissons. Région viticole depuis plus d'un siècle, le soleil brille sur des champs de vigne s'étendant à perte de vue, et la région jouit d'une économie prospère. Nuriootpa et Tanunda, villes voisines comptant chacune environ 4000 habitants, concentrent la majorité d'une population travaillant dans le vin. Avec un peu de chance, nous espérons enfin décrocher un travail dans les vendanges pour les prochaines semaines. Il devient difficile de vivre sur le fil en alternant les repas entre riz et pâtes, et surtout de tomber sur des boulots relevant de l'escroquerie. Chaque soir, nous revenons sur le haut d'une colline pour admirer le coucher du soleil et poser la tente. La lune n'a jamais été aussi massive et brillante, les étoiles tapissent le ciel, mais le vent glacial joue les trouble fêtes. Après quelques jours de recherche et de dégustation (la tentation était trop forte !) autour des celliers et des fermes, c'est finalement par un contractor que la situation se débloque. La proposition semble honnête et correcte, et quoi qu'il en soit, il n'est plus trop question de faire la fine bouche. Nous sommes le vendredi 19 Mars, le weekend approche, c'est pourquoi nous profitons de notre dernier weekend de vacances pour se rendre sur une plage au Nord d'Adélaide et de profiter à nouveau de l'effervescence de la ville.

Au retour de ce weekend ensoleillé, les choses sérieuses commencent enfin. Le patron nous propose d'habiter dans sa ferme, ce qui nous permet d'économiser de précieux dollars dans le logement. Néanmoins, ce campement très primitif ressemble davantage à une décharge et se situe loin du tout, notamment de nos différents lieux de travail. Un frigo, un micro ondes, une prise électrique et quelques meubles poussiéreux composent le mobilier d'un hangar : voici notre lieu de vie. Une montagne de vieux objets entassés depuis des décennies fait office de décor : camions, quads, chaises, tables, planches, outils rouillés. De quoi faire un véritable squat pour une bande de backpackeurs peu à cheval sur le confort. Cet entassement de détritus qui se prolonge également à d'autres endroits de cette immense propriété renferme une faune diverse : des rats, des souris, des chiens crasseux, des chats à la gueule cassée ou encore des paons. Pour la douche, c'est le tuyau d'arrosage ou la douche du caravan park à 20km. Mon lit ? Ma donne vieille tente achetée au Canada qui me suis partout malgré une large déchirure au milieu du toit. Voilà la description de mon nouveau chez moi, qui j'en suis sûr vous donnera surement envie d'y faire un tour ;o)
Il est louable que mon ton dramatique ne devrait pas figurer dans un blog qui vante la beauté d'un pays lointain, c'est pourquoi il ne faut pas oublier de mentionner la présence de mes futurs collègues de travail. Etrangement, c'est encore une grande majorité de français que je retrouve. Ils viennent d'Alsace, du Var ou encore de Bourgogne et ont tous des expériences de backpackeurs incroyables. Italiens et hollandais complètent l'équipe et tentent désespérément de maintenir l'anglais dans les conversations.

Une raison commune nous unit tous et vous l'aurez peut-être déjà devinée : le manque de $$$dollars$$$ dans les poches. La saison agricole depuis mon arrivée est catastrophique et cette satanée météo joue aussi bien des tours aux fermiers qu'aux backpackeurs qui espéraient faire fortune dans le picking. Dès les premiers jours de travail, la pluie s'abat sur la région et innonde les champs qui se transforment en piscines de boue. Mes vêtements sont tous trempés, sans parler de la tente et des affaires qui s'y trouvent à l'intérieur. Le mercredi, jour de mon anniversaire - Je vous remercie d'ailleurs tous sincèrement pour vos messages (^_^) - c'est sous une pluie battante que nous avons travaillé avant que le patron ne stoppe le carnage. Pour se faire pardonner, il nous a convié à une petite dégustation de vin dans son cellier. Une bande de guignols torses nus, trempés de la tête aux pieds, a déboulé en chantant dans le respectable cellier réservé aux clients avant de se faire poliment inviter à prendre place dans une salle annexe. une scène plutôt cocasse qui me fait encore sourire. Pour résoudre le problème de l'eau dans la tente, Raymonde est toujours là pour m'accueillir au sec bien que le bazar des derniers mois de voyage se soit entassé. Pour d'autres n'ayant pas la chance de posséder un van ou une voiture, la benne d'un des camions du hangar fera l'affaire. Ici au moins on est au sec et le bruit des rats pendant la nuit n'empêchera pas de dormir après une longue journée de travail dans les vignobles.

Tiens, les vignobles ! Parlons en un peu, puisque je suis ici pour cette raison. Dans l'ensemble, elles sont plutôt hautes en comparaison des vignobles françaises et les allées sont assez propres. La travail étant payé à l'heure, je ne me fais pas prier pour travailler à la sauce France Télécom Lannion : pas trop de stress et surtout une aptitude à économiser son énergie. Plus on prend son temps, plus l'argent rentre dans les poches. J'en vois déjà parmi vous qui sourient ou d'autres qui grognent ;o) Mes collègues en tout cas semblent adhérer à l'idée et après quelques jours ils me descernent le titre de professeur de picking : de l'amour et de la passion pour le raisin, mais de la lenteur dans le remplissage des sceaux. Le tout est de ne pas se faire prendre en flagrant délit de glande intensive. Après 18 journées consécutives de travail ponctuées de soirées arrosées, la fatigue se fait sentir malgré tout. Pour casser la lassitude de ce travail peu excitant, pétanque, soccer et apéros remplissent le reste de notre temps libre. Malgré une saison en retard de plus d'un mois, les vendanges dans cette région arrivent à leurs fins. Mais cela n'indique en rien la fin du travail. Des plans s'envisagent déjà pour des vendanges au sud d'Adélaide avant d'entreprendre la longue route en direction de Perth. J'aurai donc sûrement l'occasion de vous raconter la fin de la saison d'ici là.



Rassemblement de pickers à la pause

La chambre


Le "salon"

BBQ dans le shed

Pour se réchauffer des nuits glaciales, rien de tel qu'un feu au bois de vignes

Brume sur les champs de vignes

Concept original : le bottle shop en drive through ! :oP

Je vous laisse donc sur ces bonnes paroles avant d'aller me coucher. Demain un jour de repos me tend enfin les bras et je me délecte déjà de ne pas mettre le réveil aux aurores. C'est bien mon dos et mes bras qui me remercient :oP

Je vous embrasse tous bien fort et vous dis à très bientôt.