Adélaide !
Une ville qui pourtant ne faisait pas partie de mes plans, mais que j'ai fini par apprivoiser. Une ville à l'aménagement étrange, avec un centre ville entouré de parcs pour des australiens toujours aussi sportifs. Rien que d'y penser, je suis déjà essouflé... Une ville sans charme particulier, avec une architecture plutôt banale. Une ville aux artères immenses, avec des rues dépassant parfois les 8 voies. Un enfer pour les piétons... Mais une ville où il fait presque toujours beau et chaud. Une ville animée qui rime avec South Australia : the State Festival.
Après mon périple le long de la côte victorienne, l'envie de rencontrer des gens revient au galop, et l'ouverture d'esprit se fait naturellement. On a envie de parler, de raconter ses aventures et de partager les derniers bons plans de la région. Avec mon accolyte breton - que je nommerai Jean Bernard Pachoulet aka JBP pour garder son anonymat - ces quelques jours dans la capitale du Sud auront été plus que festifs. Quelques jours à faire la tournée des bars, à user ses semelles de claquettes au travers des parcs et le long des avenues, à trouver un parking pour que Raymonde ne subisse plus d'amendes salées, à multiplier les rencontres avec les locaux qui semblent apprécier les français et leur langue au plus haut point. Un séjour court, intense et fatigant qui grattera le fond du porte monnaie, avec des souvenirs pleins la tête. A tel point que l'objectif de trouver du travail s'est vite fait oublier...
Parce que la ville pour un backpacker ça coûte cher, rien de tel que de bouger un peu au sud-ouest sur la côte. Des plages paradisiaques à l'eau turquoise et au sable blanc nous attendent et le camping sauvage se fait sans difficulté. Une courte pause loin de l'animosité urbaine histoire de recharger les batteries.
Lors d'une courte recherche de travail pour les vendanges dans la région de Maclaren Vale, on nous indique que la saison est très tardive en raison des mauvaises conditions météo. Cela n'arrange pas nos affaires mais nous motive à remonter à Adélaide pour replonger une deuxième fois dans le bain de foule. Avec un peu de chance, on peut espérer faire des rencontres qui permettraient de nous aiguiller sur la suite du voyage. Ce qui est chose faite : un couple nous accueille chez eux le temps d'un apéro + diner + nuit et nous conseille d'aller vers l'est dans le Riverland car parait-il c'est là bas que le travail se trouve. Banco ! Le lendemain, nous voilà sur la route perdus au milieu du bush à chercher du travail dans les vendanges ou le raisin de table. Les tentatives se succèdent et les déceptions s'enchainent. Au gré des rencontres avec les fermiers, on nous montre toujours plus du doigt la direction vers l'est, ce qui nous conduit jusqu'à Mildura dans le Victoria.
Arrivé à Nangiloc, à plus de 400km d'Adélaïde, la coupe est pleine. Perdus au milieu du bush, nous nous retrouvons à cueillir du raisin avec des travailleurs illégaux pour un salaire modique, logés dans un caravan park délabré où le commerce la plus proche est à 10km. Le lendemain, nous décidons de reprendre la route vers l'ouest dans l'espoir de trouver une situation meilleure. Arrivés à Mildura, au confluent du New South Wales, du Victoria et du South Austrlia, nouveau boulot mais nouvelle désillusion. Ce coup-ci c'est la cueillette de figues. Hormis l'aspect urtiquant du jus et la rareté des fuits murs dans les arbres, les managers sont exigeants et l'organisation est le festival du foutoir. La pluie torrentielle qui s'abat sur nous après cette journée de cagnard est comme une délivrance. Avec un gain de 35$ en 6h de travail, pas la peine de persévérer dans la bêtise. Nous décidons de quitter cette région maudite et de mettre fin à cette bulle spatio-temporelle.
Oui mais voilà. C'est partout dans cette région que le travail manque. Les backpackers tournent en rond et attendent un boulot en rongeant leur frein. Presque tous les états australiens ont subi de graves intempéries : cyclone dans le Queensland, innondations dans tout le grand Est du pays. Les cultures ont été englouties et le boulot avec. C'est donc en toute logique que le travail dans l'agriculture devient difficile à trouver. Les comptes presque à sec, nous tentons de trouver quelque chose dans la Barossa Valley, une région viticole reconnue mondialement au nord-est d'Adélaide. Après avoir fait le tour des vignobles et des celliers nous nous résignons à passer par des contractors qui jouent les intermédiaires avec les fermiers et grattent leur pourcentage au passage. Après presque deux semaines de recherche, nous attendons maintenant une réponse pour commencer lundi. On croise les doigts pour travailler et renverser la tendance !
Pour donner une note un peu plus légère à cette fin de message, quelques photos de couchers de soleil qui sont toujours aussi magnifiques dans cette partie du globe :o)
En espérant vous donner des nouvelles meilleures, je vous souhaite un bon début de printemps !