jeudi 10 mars 2011

Adélaïde avant de s'égarer dans le bush

Adélaide !

Une ville qui pourtant ne faisait pas partie de mes plans, mais que j'ai fini par apprivoiser. Une ville à l'aménagement étrange, avec un centre ville entouré de parcs pour des australiens toujours aussi sportifs. Rien que d'y penser, je suis déjà essouflé... Une ville sans charme particulier, avec une architecture plutôt banale. Une ville aux artères immenses, avec des rues dépassant parfois les 8 voies. Un enfer pour les piétons... Mais une ville où il fait presque toujours beau et chaud. Une ville animée qui rime avec South Australia : the State Festival.

Après mon périple le long de la côte victorienne, l'envie de rencontrer des gens revient au galop, et l'ouverture d'esprit se fait naturellement. On a envie de parler, de raconter ses aventures et de partager les derniers bons plans de la région. Avec mon accolyte breton - que je nommerai Jean Bernard Pachoulet aka JBP pour garder son anonymat - ces quelques jours dans la capitale du Sud auront été plus que festifs. Quelques jours à faire la tournée des bars, à user ses semelles de claquettes au travers des parcs et le long des avenues, à trouver un parking pour que Raymonde ne subisse plus d'amendes salées, à multiplier les rencontres avec les locaux qui semblent apprécier les français et leur langue au plus haut point. Un séjour court, intense et fatigant qui grattera le fond du porte monnaie, avec des souvenirs pleins la tête. A tel point que l'objectif de trouver du travail s'est vite fait oublier...

Parce que la ville pour un backpacker ça coûte cher, rien de tel que de bouger un peu au sud-ouest sur la côte. Des plages paradisiaques à l'eau turquoise et au sable blanc nous attendent et le camping sauvage se fait sans difficulté. Une courte pause loin de l'animosité urbaine histoire de recharger les batteries.






Lors d'une courte recherche de travail pour les vendanges dans la région de Maclaren Vale, on nous indique que la saison est très tardive en raison des mauvaises conditions météo. Cela n'arrange pas nos affaires mais nous motive à remonter à Adélaide pour replonger une deuxième fois dans le bain de foule. Avec un peu de chance, on peut espérer faire des rencontres qui permettraient de nous aiguiller sur la suite du voyage. Ce qui est chose faite : un couple nous accueille chez eux le temps d'un apéro + diner + nuit et nous conseille d'aller vers l'est dans le Riverland car parait-il c'est là bas que le travail se trouve. Banco ! Le lendemain, nous voilà sur la route perdus au milieu du bush à chercher du travail dans les vendanges ou le raisin de table. Les tentatives se succèdent et les déceptions s'enchainent. Au gré des rencontres avec les fermiers, on nous montre toujours plus du doigt la direction vers l'est, ce qui nous conduit jusqu'à Mildura dans le Victoria.



Arrivé à Nangiloc, à plus de 400km d'Adélaïde, la coupe est pleine. Perdus au milieu du bush, nous nous retrouvons à cueillir du raisin avec des travailleurs illégaux pour un salaire modique, logés dans un caravan park délabré où le commerce la plus proche est à 10km. Le lendemain, nous décidons de reprendre la route vers l'ouest dans l'espoir de trouver une situation meilleure. Arrivés à Mildura, au confluent du New South Wales, du Victoria et du South Austrlia, nouveau boulot mais nouvelle désillusion. Ce coup-ci c'est la cueillette de figues. Hormis l'aspect urtiquant du jus et la rareté des fuits murs dans les arbres, les managers sont exigeants et l'organisation est le festival du foutoir. La pluie torrentielle qui s'abat sur nous après cette journée de cagnard est comme une délivrance. Avec un gain de 35$ en 6h de travail, pas la peine de persévérer dans la bêtise. Nous décidons de quitter cette région maudite et de mettre fin à cette bulle spatio-temporelle.








Oui mais voilà. C'est partout dans cette région que le travail manque. Les backpackers tournent en rond et attendent un boulot en rongeant leur frein. Presque tous les états australiens ont subi de graves intempéries : cyclone dans le Queensland, innondations dans tout le grand Est du pays. Les cultures ont été englouties et le boulot avec. C'est donc en toute logique que le travail dans l'agriculture devient difficile à trouver. Les comptes presque à sec, nous tentons de trouver quelque chose dans la Barossa Valley, une région viticole reconnue mondialement au nord-est d'Adélaide. Après avoir fait le tour des vignobles et des celliers nous nous résignons à passer par des contractors qui jouent les intermédiaires avec les fermiers et grattent leur pourcentage au passage. Après presque deux semaines de recherche, nous attendons maintenant une réponse pour commencer lundi. On croise les doigts pour travailler et renverser la tendance !

Pour donner une note un peu plus légère à cette fin de message, quelques photos de couchers de soleil qui sont toujours aussi magnifiques dans cette partie du globe :o)




En espérant vous donner des nouvelles meilleures, je vous souhaite un bon début de printemps !

lundi 7 mars 2011

En route vers l'ouest : de Melbourne à Adélaïde

Ooroo Melbourne!

Ce bain de foule dans la capitale du Victoria a été pour moi une première étape charnière dans ce tour d'Australie, aussi bien géographique que psychologique. Un temps de réflexion sur la route prochaine qui attend d'être traçée, mais aussi une hésitation soudaine sur la continuation du voyage. Il arrive à un moment où le doute s'installe dans l'esprit du backpacker qui passe son temps à vagabonder. Le manque d'envie, le mauvais temps, le corps courbaturé par les nuits en tente, le manque de confort, la nostalgie de sa chère patrie sont autant de paramètres qui ébranlent la motivation d'aller de l'avant. Cette ville était aussi la dernière étape avant de me diriger vers l'ouest du pays. L'été s'achevait et le temps morose présageait un automne pluvieux. Mais où était donc cette Australie du soleil que ses chers autochtones vantaient au travers de la planète ? La pluie était dans la tête des voyageurs et prenait une place importante dans les conversations quotidiennes. Moi qui n'avait toujours pas d'imperméable, je luttais contre l'idée d'en acheter un mais il aurait parfois été bien utile. Sans vraiment se le dire, nous avons tous espoir de trouver mieux vers l'ouest, plus précisément jusqu'à Adélaïde. Une région où les vignobles recouvrent des collines et vallées baignées par le soleil de l'Australie du Sud. Un petit bout de chemin tout de même. Le lecteur mp3 est chargé à bloc pour accompagner le ronronnement du moteur de Raymonde. Celle-ci commence à s'ennuyer ferme à crêcher dans la rue.

Accompagné d'un jeune allemand et d'une hollandaise ayant répondu à mon annonce, nous commençons par la mondialement connue Great Ocean Road. Une route spectaculaire longeant la côte ouest du Victoria où les vagues se déchainent contre les rochers de Limestone. Cette côte déchiquetée illustre un paysage de toute beauté avec notamment les douze apotres, ces éperons rocheux en pleine mer qui continuent de résister au fracas incessant de l'eau. Mes compagnons de voyage ne sont pas très bavards et semblent manquer d'initiative. Rapidement, je me rends compte qu'ils attendent souvent de moi de tout gérer, que ce soit l'itinéraire, la cuisine ou le rangement. Grâce à ma patience et mon calme légendaires, je leur fais part le deuxième jour de mes craintes sur la façon d'aborder le voyage, et que je ne suis pas franchisé par le club Med. Malgré quelques efforts notables par la suite, je pense malheureusement être tombé sur des gens qui manquent d'intérêt. Le partage d'un voyage avec des gens que l'on ne connait pas est à l'image d'une loterie. Pour me consoler, je finis par retrouver sur la route mes amis hollandais avec qui j'ai passé un mois en Tasmanie. L'ambiance est tout de suite revenue au beau fixe et le voyage prit davantage de légèreté.







Après une soirée pêche une nouvelle fois infructueuse (je compte bientôt me porter candidat pour le titre du pire pêcheur breton), nous décidons de faire un crochet par les Grampians un peu plus dans le terres. Mauvais coup du sort : ce parc national a été victime d'innondations monstres plusieurs semaines auparavant et la route principale est coupée. Les ponts ont cédé sous la pression des eaux de pluie torrentielles, sans parler des glissements de terrains. Après une randonnée dans la partie restée intacte, retour vers l'océan où l'appel de la baignade se fait entendre.







Arrivés à Bridgewater à l'ouest de Portland, c'est un convoi de huit français ayant travaillé aussi en Tasmanie que nous retrouvons. Assez de gens pour faire un petit soccer sur la plage déserte avant d'aller se laver dans la mer. C'est ensuite le départ des hollandais pour Adélaïde. Bien dommage car je ne suis pas pressé et il reste de nombreux endroits intéressants à voir. J'arrive à remplacer dans mon convoi l'hollandaise par un breton de Saint Brieuc (cf la photo de mon précédent message où il brandit tout sourire un cubi de vin).
Après une courte balade "dans" (je dirais plutôt "sur") une forêt pétrifiée, je repars avec le groupe de français pour nous perdre dans un parc national à la recherche d'un camping gratuit. Au bout de deux heures de recherche, le camping se transforme en un croisement de deux routes. Il n'en faut pas plus pour diner et dormir...



Le lendemain, nous franchissons enfin la frontière entre le Victoria et l'Australie du Sud par un court passage à Mont Gambier puis un arrêt à Carpenter Rocks, un site magique respecté des aborigènes. Une forêt pétrifiée bordée de rochers tranchants et de plages aux eaux turquoises. Je ne me fais pas prier pour sortir le masque et le tuba et aller observer les poissons. Un coucher de soleil idyllique parachève le tableau qui rappelle un peu la côte de Granit rose à Perros Guirec...





Le temps passe vite, mais l'envie de prolonger le voyage est trop forte et l'argent est encore dans les poches. Un bon indicateur pour réguler la vitesse de croisière. Beachport puis Kingston ne s'apprécient peut-être pas à leur juste valeur mais le temps est mauvais. On sort le goon et les rencontres se font autour du barbecue près d'un camping improvisé en face de la plage. En remontant la côte le long du Koorong National Park, c'est une faune et une flore étonnantes autour de marais salants qui s'offrent à nous . Serpents, lézards et pléthore d'oiseaux migrateurs se partagent une région mêlant le bleu, le rouge, le vert et le jaune des fleurs sauvages avec le blanc laiteux de lacs salés. Sans parler des millions de fourmis qui grouillent et nous montent dessus si on a le malheur de rester immobile pendant plus de vingt secondes. Magnifiquement hostile...






Puis à Victor Harbor nouvelle claque. La côte est étrangement semblable à la côte costormoricaine, façon Ploumanac'h. Nous faisons une rencontre avec un gardien d'une petite île en face et tente de nous montrer des pingouins à la nuit tombée. N'ayant pas d'endroit où dormir, celui-ci nous ouvre les portes de sa maison pour la nuit. Une nouvelle preuve de générosité que les australiens savent montrer aux voyageurs étrangers.





L'argent commence à descendre, et l'envie de cesser le voyage avec le jeune allemand devient pressant. son manque de conversation fait dériver les conversations en français et le met du coup sur la touche. Le 2 Mars 2011, nous entrons dans la capitale des festivals australiens afin de profiter une nouvelle fois d'un bain de foule. Avec de nouvelles rencontres qui dessineront la suite du voyage. Et c'est là que se termine mon texte, histoire que vous puissez reprendre votre activité ;o)

A très bientôôôôt !

PS : Vous ne savez pas ce qu'est une forêt pétrifiée ? Prenez quelques minutes de plus pour regarder ça sur Internet ;oP