lundi 24 octobre 2011

Entre joie et incertitudes

Après une première semaine d'immersion, je m'embarque pour un bateau express à destination de Gili Trawangan ou "Gili island" ("gili" signifiant "île" en indonésien, vous comprendrez le pléonasme mais c'est pourtant souvent le nom réducteur qu'on lui attribue de par son caractère touristique). Trawangan, c'est le plus "grand" (comptez 2.5km de longueur) d'un groupe de trois îlots situés au Nord-Ouest de Lombok, celle-ci étant l'île voisine à l'Est de Bali. Cet endroit est l'archétype du paradis terrestre pour le touriste. L'ensemble des activités se regroupe le long d'une rue longeant une plage de sable coralienne léchée par une eau turquoise d'une transparence rare. Chaque soir a son bar ou restaurant favori pour aller se retrouver et consommer à volonté. Dans la rue, des locaux proposent abusivement d'acheter leurs fruits frais, de s'installer à leur table de restaurant, ou encore de fumer leur herbe qui parait-il est une arnaque internationale. Il fait beau, il fait chaud (un peu trop même), bref comment peut-on se plaindre ?








Pourtant, je ressens rapidement un sentiment de profonde confusion. Arrivant en backpacker solitaire parmi des hordes de touristes venus claquer leur fric en groupes, le décalage est sévère. Souhaitant prendre de la distance avec cet univers nauséabond, je m'enfonce à travers l'île pour constater un coin de désolation. La poussière et les ordures recouvrent les parcelles de terrain où des enfants courent après des poules. Des maisons décrépies luttent contre la gravité pour garder un semblant de dignité. Les gens me regardent avec un air ahuri. Croyant m'être perdu, ils m'indiquent le chemin inverse pour me rendre vers cette rue que je maudis déjà. Le match de foot local entre deux prières en direction de la Mecque propose un spectacle fade qui me fait regagner mes appartements. Heureusement il y a la plongée, principale raison de ma présence sur ce petit bout de terre. En une semaine et cinq plongées, j'ai pu observer une variété de poissons multicolores nageant aux travers de formations coraliennes défiant l'architecture des villes modernes. Je me dis que vraiment, un jour, il faudra investir dans un appareil photo étanche...





Finalement, après avoir maintes fois tenté de me remonter le moral, le coeur n'y était pas. La magie de l'Australie et la multitude des rencontres n'opère pas ici, et il fallait m'en faire une raison. Je décide alors de quitter ce monde d'amertume pour une excursion de trois jours afin de gravir le mont Rijiani, un immense volcan à double couronne qui surplombe Lombok. Formant un groupe de sept randonneurs, deux guides et trois porteurs, notre convoi s'engage dans un périple que j'avais sous-estimé. Entre chaleur tropicale en aval et froid glacial au sommet, la grosse difficulté est d’enchaîner ascensions et descentes périlleuses. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que les moyens de sécurité ne sont pas ou peu existants. Je dirais même qu'il vaut mieux vérifier si les rares barres de sécurité sont encore scellées au sol avant de s'appuyer dessus. Les terrains de camping s'improvisent, les porteurs préparent le campement et le dîner est englouti en trois cuillerées pour ne pas subir plus longtemps le vent glacial. Au lever de soleil les membres du convoi lèvent le camp pour reprendre l'ascension accompagnés par leurs courbatures. Après une baignade dans l'immense lac Rijiani entourant le cratère intérieur encore en activité, place aux sources d'eau chaudes et à leur miracles curatifs. Deux bains pour détendre les muscles et reprendre un peu son souffle. Et comme toute randonnée en montagne, la joie se ressent surtout à la fin de l'ascension. Les singes et chiens errants nous attendent dans l'espoir d'obtenir les maigres restes de nourriture non ingérés. 
Au dernier jour de randonnée, la chaleur dans la vallée nous accueille et nous achève définitivement. Ramenés à l'arrière d'un pick-up comme un troupeau de bétail, la joie derrière la fatigue se dessine sur le visage de mes collègues. Je me dis maintenant que la Baisse de Valmasque dans la vallée des Merveilles n'était pas si terrible que ça...

























Rentré à Denpasar chez mon ami couchsurfer, il me reste maintenant une dizaine de jours avant de quitter l'Indonésie. Et j'aperçois déjà sur l'île de Java Jodjakarta, l'ancienne capitale indonésienne possédant une immense statue bouddhiste et une multitude de temples. J'y jetterais bien un coup d'oeil :o)

vendredi 14 octobre 2011

Premiers pas en Asie

Selamat Datang di !

Mon départ de l'Australie fut des plus mouvementés. Avec trois vols consécutifs Brisbane-Cairns-Darwin-Bali et deux petites heures de sommeil, la journée qui m'attendait s'annonçait difficile entre traditionnelles explications de sécurité et sièges incomfortables. Si ce n'est qu'à Cairns une belle surprise m'attendait, due à tendance pour ne jamais préparer de voyage. A l'enregistrement des mes bagages, l'hôtesse m'explique qu'il m'est impossible de prendre l'avion car je n'ai pas de billet retour. Il me reste alors une heure pour rectifier cette maladresse. Courant à travers l'aéroport, chargé comme une mule, je finis par trouver un point Internet. N'ayant pas de projet précis, je me connecte sur Goole Maps afin de découvrir quelle pourrait être ma prochaine destination. Basculant entre cette carte d'Asie que je découvre et les sites de compagnies aériennes à bas prix, j'opte pour la Malaisie qui correspond à mon souhait de remonter vers le Nord de l'hémisphère Sud. A ce moment là je me sens presque sorti d'affaire, mais nouvelle péripétie... Au moment de confirmer le paiement, le système de sécurité m'empêche de procéder à la transaction. Regardant à tour de rôle ma montre, mon temps de connexion internet restant et cette maudite page d'erreur qui me nargue, je sens tout à coup une montée de stress m'envahir. Les deux prochains vols que je suis sur le point de compromettre m'ont déjà coûté un bras et je n'ai nulle intention de rester dans cet aéroport. Scrutant de nouveau la page, j'aperçois un minuscule lien permettant d'ignorer cet ultime système de sécurité. Pendant une seconde, la respiration coupée, une page blanche fait place à la page de confirmation de vol. Moment de libération qui m'indique le chemin vers le bureau d'enregistrement sur le point de fermer. Courant de nouveau en sens inverse, l'hotesse me délivre le sésame,ignorant même les kilogrammes excédentaires de mon sac.

A mon arrivée à Bali, je suis accueilli par Krisna un couchsurfer balinais. Souhaitant éviter les coins touristiques, loger chez des locaux est le meilleur moyen pour s'immerger dans la riche culture indonésienne. Après un très court passage à la plage touristique de Kuta, il me ramène en moto chez lui au Sud de Denpasar, la capitale balinaise. Dans les rues grouillantes de piétons, de motos et de camions surchargés, l'odeur de riz se mélange aux vapeurs d'essence poisseuses. La chaleur humide est suffocante et fait transpirer à grandes eaux. Les détritus gisent partout,dans les rues et les cours d'eau, laissant semble-t-il les balinais totalement indifférents. Les rangées de boutiques et petits restaurants s'alignent à perte de vue. Restaurateurs à vélo, en charrette, en moto ou à même le sol, il est possible de trouver à manger partout à des prix très attractifs. Pour mon premier repas traditionnel, on me tend un bol de bouillon épicé où trempent des pattes de poulet. Malgré une première rétiscence, je me lance dans cette aventure culinaire, sans être vraiment convaincu. Le plat suivant à base de riz, de poulet et de purée de légumes à base de piment me parait cependant beaucoup plus convaincant. Comme tout le monde le sait, le riz est la base de l'aliment en Asie. Mais en manger matin, midi et soir devient une expérience nouvelle pour un français moyen. Sans me déplaire bien au contraire... La noblesse de l'alimentation des indonésiens tient aussi dans la variété des fruits exotiques apportés par le climat équatorial. Des fruits sucrés et juteux, parfois aux tailles imposantes comme le Nangka ou le Durian, tous deux à l'écorce épineuse. Bananes, mangues et noix de coco se trouvent à profusion aussi bien sur les marchés que dans la nature.




Temple Puputan en commémoration de l'invasion hollandaise 

Maison de mon hôte couchsurfer
Préparation du lawar, plat traditionnel balinais lors des cérémonies hindou
Du riz, du riz, et encore du riz !

Durian, fruit exotique à l'odeur très forte

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Marché de Badung, ouvert 24h/24


Circulation dans Denpasar

Idée de la propreté des cours en Indonésie

Offrandes hindous



Après une journée de visite de Denpasar, perdu dans ses rues étroites et tortueuses, je pars en compagnie de mon ami hôte tout au nord de l'île pour célébrer l'anniversaire du temple de sa famille installé dans son village natal. Là bas le choc des cultures est terrible. Perdu au milieu de ces autochtones, je suis le seul blanc pour la première fois de ma vie, incapable de communiquer avec eux que par des gestes. En costume traditionnel hindou - sarung et udeng - je participe aux prières et à la préparation du festin qui s'accompagne. Je constate alors chez eux un attachement très profond à la religion, aux offrandes faites aux dieux presque tous les jours dans le souhait d'obtenir bonheur et prospérité. La dernière prière de la journée laisse place à une série de danses traditionnelles rythmés par un orchestre de percussions à l'esthétique délicate. Ce séjour de deux jours me laisse un mélange étrange de bonheur et d'anxiété. D'abord le bonheur de découvrir quelque chose de totalement différent, une nouvelle source d'inspiration et de comparaison avec la notre. Mais seul face à ce phénomène, il est parfois difficile d'encaisser une telle claque sans confident.


Préparation du cochon grillé











Port du sarung et udeng


Rizières près de Git Git

Premiers singes vus en liberté ^^

Vue sur le lac Buyan



De retour à Denpasar et quelques jours de détente chez Krisna, nous repartons pour deux jours à l'est de l'île pour escalader le mont Batur, un volcan encore en activité. Pour admirer le lever de soleil depuis son sommet, nous débutons l'ascension dans la nuit en compagnie d'un guide maitrisant à peu près l'anglais. Krisna m'intime que c'est la première fois qu'il pratique la randonnée, les balinais n'ayant pas l'habitude de voyager ou de marcher par pur plaisir. Après une ascension courte mais abrupte, l'effort est récompensé par un lever de soleil baignant la vallée aux alentours. Au pied du drapeau indonésien flottant au sommet du mont, quelques touristes dégustent des oeufs et bananes cuits à la vapeur d'eau provenant des entrailles du volcan. Le soleil montant, la chaleur succède rapidement à la fraicheur de notre marche matinale et nous invite à redescendre les pentes abruptes de sable noir. En revenant vers Denpasar, nous nous arrêtons  au temple Pemerintan Kabupaten Gianyar, où domine l'une des maisons du président indonésien. Jardins fleuris cotoient des temples de toute beauté, à l'architecture rafinée et emplie de signes hindous. Des bassins alimentés par une source d'eau miraculeuse guérit les maladies de corps et d'esprit. Un petit coin de paradis, et une présence de touristes blancs nettement plus visible.






Vive Couchsurfing !!








Court arrêt pour la prière de Krisna

La moto, principal moyen de transport des balinais

Baignade dans les sources d'eau curatives du temple Pemerintan Kabupaten Gianyar








Après cette première semaine incroyable de Bali, je me rends sur Gili Trawangan, une petite île au nord ouest de Lombok, celle-ci qui n'est autre que l'île située à l'est de Bali. Malgré un tourisme intensif que j'ai tendance à éviter, on compte là bas des spots de plongée fantastiques. Une occasion que je ne manquerai pas saisir contrairement à l'Australie.


Il est maintenant 17h30, le soleil est bleu et la température clémente. C'est pour moi l'heure de l'apéro.

A bientôt pour une nouvelle aventure dans le pays des 18000 îles !