mardi 7 décembre 2010

Young - part II

Vous avez trouvé le taf suivant auquel je me suis attelé ? J'en vois dans le fond qui murmurent la bonne réponse : cueilleur de cerises, oui c'est bien ça BANDE DE MOULES ! A la capitale de la cerise, c'est pas bien original mais si ça peut assainir les comptes, c'est toujours bon à prendre {^_^}


Après avoir fait le tour sans succès de quelques vergers, je retrouve le groupe de français qui se sont installés chez un maçon qui s'occupe de ses champs de cerises pendant son temps libre. Autour d'un barbecue offert par les proprios, je leur pose gentiment la question à savoir s'ils n'auraient pas besoin d'un autre cueilleur, ce sur quoi ils me répondent sans hésitation qu'il n'y a aucun souci. Je n'avais qu'à installer ma tente dans le jardin à côté de mes nouveaux compagnons et commençer le travail le lendemain à 7h. L'obtention du boulot aura été prompt, et cela me fait sourire lorsque je repense à mes multiples entretiens RH et techniques pour un hypothétique poste. Bref, j'ai de nouveau du boulot, et en plus dans un cadre familial. Les patrons ainsi que leurs enfants sont vraiment sympas, tout est à disposition chez eux comme Internet ou la machine à laver (un luxe pour un backpacker). Ils sont curieux concernant notre pays et nous posent pas mal de questions, bien que certaines soient parfois déconcertantes comme : "Le français utilise-t-il le même alphabet que pour l'anglais ?" ou encore "Avez-vous comme ici de la bière en canette ?". Des gens charmants, un peu naïfs parfois...


Les collègues

La chambre

Concernant le taf, vous vous en douterez, rien de bien particulier. On se lève assez tôt, environ 6H30, et le nombre d'heures varie généralement en fonction des conditions climatiques ou du nombre d'arbres prêts pour la cueillette. Il y a aussi le packing, qui consiste à sélectionner et emballer les bonnes cerises qui seront ensuite vendues aux grandes surfaces, tirant toujours un peu plus sur les prix pour se tailler la grosse part du gateau. En résumé, cette deuxième activité est laborieuse et ressemble fort à l'usine.

Le bureau

Le service logistique

Affichant pourtant un optimisme insolent pour cette année de récolte, les fermiers n'ont eu que leurs yeux pour pleurer. Après une dizaine d'années de sécheresse, il a plu quasiment sans discontinuer pendant 4 jours. Les tempêtes orageuses se sont ensuite abattues violemment amenant de nouveau de la pluie. Ils n'avaient pas vu ça depuis peut-être 20ans ! Tout le New South Wales a été touché, le Queensland aussi (certains pourront le confirmer ;oP). Au final, presque 90% des récoltes foutues (avec une pluie trop abondante, les cerises arrivant à maturité se gorgent d'eau et éclatent). Une fermier du coin a perdu l'équivalent de 300,000€ en l'espace de 2H. Et nous, avec nos pauvres tentes, on faisait plutôt pitié... Mais heureusement, la solution couchsurfing est là pour redonner du baume au coeur. Avant de démarrer le boulot, j'avais rencontré une australienne via cette communauté qui m'avait accueilli chez ses parents le temps que je trouve du taf. Du coup, le scénario s'est renouvelé pendant ces jours de mauvais temps. Pas facile de reprendre ensuite le boulot quand on est si bien dorloté :o)


La salle de pause

L'inondation du jour

Fin de la cueillette

Laura, couchsurfeuse dans l'âme

Pendant ce taf de presque 3 semaines, le salaire aura finalement été plutôt maigre, la faute à ce temps de chien qui se sera acharné jusqu'au bout, mais l'ambiance dans notre petit groupe de français ainsi que la chaleur humaine de cette famille australienne m'a motivé pour effectuer la récolte jusqu'au bout. Maintenant, je sens l'envie de repartir vers de nouvelles aventures. La fin d'année s'approche, je ne sais pas encore où je serai pour le nouvel an, mais je vois déjà se dessiner un itinéraire pour les prochaines semaines. Aussi, les rencontres sont susceptibles de les modifier. C'est ça la magie du voyage, et c'est pour cette raison que je ne vous dévoile rien encore. Un peu de patience ;o)

Et vous ? Vous faites quoi pour ces fêtes de fin d'année ? :oD

lundi 6 décembre 2010

Young - part I

Young : capitale australienne de la cerise, 7000 ames, comptez quatres bonnes heures de route à l'ouest de Sydney.
C'est le début du bush, les interminables routes sinueuses bordées par les champs de Paterson's curse, ces fleurs mauves enviées par les sydneysiders avides de nature et maudites par les fermiers qui les considèrent comme de la mauvaise herbe. Les kangourous écrasés le long de la route sont fréquents, les lorikeets et les galahs planqués dans les fossés attendent que les tracteurs équipés d'immenses remorques chargées de blé sèment quelques graines le long de la route.



Ne cherchez pas les activités dans cette région, il y en a pas si ce n'est la piscine extérieure. Pas de sentier de randonnée, pas de crique ou de rivière pour s'y baigner. Pour appuyer ce constat pathétique, c'est la ville d'Australie où le suicide de jeunes est le plus élevé. Ambiance...
Néanmoins les couchers de soleil sont magiques, presques oniriques avec un panache de couleurs qui laisse rêveur après une bonne journée de travail.



Justement, le travail parlons en. c'est ce qui attire ici les jeunes voyageurs, plus particulièrement le fruit picking (en français, la cueillette de fruits).

Pour ma part, j'ai rendez vous avec un apiculteur pour un éventuel travail à la clé. Vous vous souvenez de mon précédent message j'espère ? :o)
La peau cuivrée par le soleil, le regard dur et les mains caleuses, ce type a tout l'air d'un solide gaillard du bush. Dans un anglais incompréhensible que seuls les australiens ont le secret, il me propose de commencer dès le lendemain à 7h. Je ne connais pas le boulot exact, encore moins le salaire, mais ma dernière expérience avait été tellement mauvaise que je suis prêt à bosser tête baissée. En guise d'hébergement, il me ramène une caravane et l'installe à côté d'un entrepot.


J'apprends que c'est là je vais travailler à extraire du miel. Tout ça me semble plutôt original. Un baroudeur français vivant dans une roulotte qui extrait du miel, pas tous les jours que ça m'arrive. Mais je vais vite déchanter...

Entre temps, je rencontre un groupe de cinq français assis dans la rue avec un carton "Need to buy a car". Ils souhaitent faire la tournée des vergers dans l'espoir de décrocher un boulot. Ils ne se connaissent que depuis 48h et n'ont qu'un budget commun d'à peine 1500$. Mode freestyle, j'aime. Pour la petite histoire, je les ai retrouvés le lendemain lors d'un diner éclairé par la pleine lune apprenant qu'ils avaient finalement trouvé une berline dans laquelle ils ont passé leur première nuit. Mode Tetris, j'adore.

Mais qu'en était il de cette deuxième expérience en apiculture ? J'y viens, un peu de patience chers lecteurs. Installé devant un extracteur de miel (sorte de plan de travail monté en chaîne), mon travail consistait à réquésitionner les cadres des ruches sortant du découpeur de cire (pour libérer le miel), les faire coulisser le long de deux longues tiges en métal à destination de la centrifugeuse, gratter la cire restante sur le dessus des cadres et les placer enfin dans la centrifugeuse. Autour de cette noble activité, il fallait aussi déplacer les centaines de ruches une fois finies, et nettoyer chaque jour un entrepôt couvert de cire et de miel collants. Une autre petite histoire, certains se souviennent-il dans les Aventures de Rabbi Jacob de la scène avec le chewing gum partout sur le sol. Eh bien il m'est arrivé la même avec du miel lorsque la cuve était pleine et que le patron a oublié d'arrêter la pompe. Je vous laisse imaginer la scène...

Pour cette expérience je vous fais le bilan en chiffres : durant 3 jours, à hauteur de 10 heures de travail quotidien en comptant une pause unique de 20 minutes, nous avons extrait à 3 personnes 6 tonnes de miel, avec une moyenne de 4 piqures par jour pour un total de 240$, soit 180€. Une expérience nouvelle certes mais vu le salaire, je n'étais pas mécontent que cela s'arrête là.

Pour les photos de cette expérience, ca sera niet. Vous n'avez donc pas compris ? Je n'avais vraiment pas le temps pour ce genre de futileries... Qu'à cela ne tienne, je vous en laisse quelques une qui sauront redonner un peu de gaieté dans ce message ;o)



Maintenant, il va falloir trouver un autre boulot. Oui mais dans quoi ? Vous avez deviné ? Indice : pensez à la renommée de Young :o)
Et c'est là qu'intervient de nouveau le groupe de français dont je vous ai parlé. Et comme je ne veux pas non plus m'éterniser sur ce message, j'ai délibérément intitulé ce message "Part I".

La suite pour bientôt !