dimanche 3 juillet 2011

Vers la chaleur des Tropiques

Après cette étape près de Perth, je ne m'attendais pas à repartir sur les routes aussi longtemps. La fin de mon visa approchant, je ne pouvais m'empêcher de commencer à planifier mon voyage jusqu'à la fin. Comptant le temps qu'il me reste, les endroits que je compte visiter et mon budget restant, j'ai finalement mis les voiles pour atterrir plus loin que prévu. Ma fidèle Raymonde étant toujours aussi ravie de rendre service - et avaler quelques milliers de km supplémentaires - je m'embarque dans un nouveau road trip sur les routes poussiéreuses du Western Australia, laissant le froid d'hiver australien envahir le sud du pays.

Par le biais de couchsurfing, je fais la connaissance d'une néo-zélandaise qui m'accompagne jusqu'à Carnarvon, ville située à presque 1000km au nord de Perth. Dans des conditions toujours aussi primitives mais captivantes, je découvre la côte baignée par l'Océan indien et m'étonne encore un peu plus de la beauté de ce pays. A commencer par le décor lunaire des Pinnacles. D'étranges concrétions de limestone se dressent par centaines au milieu d'un paysage désertique, un phénomène dû au lent travail de l'érosion. Le vent balaie la sable, ainsi que ma tente qui cette nuit là a effectué son dernier service.





Le droit au "Good morning" d'un galah



En remontant plus haut sur la côte, nous voilà au Parc National de Kalbarry. Entre marais salants couleur rose, gorges aux tons rouge et la mer turquoise, la faune est de nouveau partout. L'océan joue les artistes contemporains et sculpte la pierre pour en faire resortir des formes étonnantes.



The Pink Lake

Tempête de sable in process






Ceci n'est pas une plage de sable, mais une plage de coquillages

Un peu de pêche pour la détente : 5 poissons dans la matinée. Cool :o)

Puis vient Shark Bay, site d'exception connu pour héberger les stromatolites, forme de vie la plus primitive du globe et existante encore de nos jours. Y habitent aussi bien évidemment beaucoup d'espèces de requins. Malheureusement, nous sommes en "hiver" et les requins préfèrent des températures plus clémentes, autrement dit une eau à 21-22°C leur parait un peu juste. On se passera d'eux pour le moment pour profiter des dauphins qui viennent se baigner à quelques mètres du rivage.













Arrivé à Carnarvon, l'ambiance est plutôt morose malgré un temps agréable. Chaque ferme accueille les backpackers avec un panneau "Pas de travail, interdiction d'entrer" et les habitants ne semblent guère apprécier notre présence. Les innondations du mois dernier sont peut-être encore dans les mémoires... Après quelques jours d'errance et de rencontres, je réalise la supercherie de cet endroit. Les boulots de cueillette éventuellement disponibles sont parfois payés trois fois moins que le SMIC australien, et les retours d'expérience ne me paraissent pas très glorieux. Plutôt que de perdre mon temps à gagner trois clous, autant profiter de cette côte magnifique et continuer ma route vers le Nord.

Je me rends donc sur la côte de corail, autour de Ningaloo Reef en compagnie d'un allemand rencontré à Carnarvon. Durant ces quelques jours d'escapade, j'ai l'occasion de faire du snorkelling, admirant le paysage coralien habité par des centaines de poissons multicolores. Tel un cameraman des documentaires animaliers de France 5, j'ai eu le bonheur de nager avec des tortues de mer, des raies manta, un requin citron avoisinant les 3m et le plus gros specimen des poissons de la planète : le requin baleine. Une expérience certes coûteuse mais d'exception :o)
N'ayant pas d'appareil photos adéquat, j'ai la légère frustration de ne pouvoir vous montrer ces moments magiques, c'est donc avec égoisme que je garde ces images en mémoire.







Cela fait maintenant presque deux semaines que je longe la côte en direction du Nord, et il ne tarde d'aller explorer les terres de Pilbara, plus précisément le Karijini National Park. Le jeune allemand ayant décidé de continuer la route vers la côte, je me retrouve donc seul à bord de Raymonde, chose qui ne m'était pas arrivé depuis plus de six mois. Qu'à cela ne tienne, je rencontre là bas un premier groupe de français avec qui je partage une randonnée, puis deux nantais avec qui je vais continuer la route... Au milieu d'une région semi-désertique, la couleur rouge est omni présente et la rare végétation tente de survivre pendant la saison sèche. Dans un décor de plus en plus vallonné, les rares voitures qui se croisent se saluent de la main, et les énormes road train chargés de minéraux règnent en maitres sur la route. C'est ici que des mines à ciel ouvert pululent, et font l'immense richesse de cet état : or, fer, diamant, nikel. Les cargaisons sont impressionnantes et les trains que l'on peut apercevoir tractent parfois plus d'une centaine de wagons. Hormis ces inlassables va-et-vient de camions, ce sont surtout les décors qui attirent l'attention. Des rivières ont creusé la roche pendant des millénaires pour former des gorges splendides, où il est possible de s'y balader. C'est donc pour nous l'occasion d'aller se rafraichir dans des piscines naturelles aux décors exotiques lorsque la chaleur au sommet devient moins tolérable. On croit se retrouver dans des décors d'Indiana Jones, où une caverne secrète pourrait apparaitre au moindre recoin d'un chaos de rochers. Une région qui pour moi figure dans le top 5 des endroits jusque là visités...

On ne plaisante pas avec les dimensions des camions en Western Australia

Mmmmh, difficile à croire lorsqu'on visite la région pendant la saison sèche...


















Après ces quelques jours aux décors surnaturels, je décide de continuer ma route avec mes nouveaux amis nantais jusqu'à Broome, aux portes de la région de Kimberley. Les conditions climatiques y sont très bonnes, et il est aussi grand temps que je retravaille un peu. Durant trois jours de route et environ 1000km supplémentaires, les journées se passent sur la route et les nuits sur des aires de repos. Passant mes nuits à bord de Raymonde, je contemple le ciel étoilé en pensant à la suite de mon voyage...