dimanche 27 février 2011

Halte à Melbourne

A nouveau sur le continent !

Après mon mois passé en Tasmanie, direction vers l'Ouest. Mais en attendant, un petit séjour à Melbourne ne se fait pas prier. Je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter la plus européenne des métropoles australiennes, et d'après les échos que j'en ai eus les quelques jours de séjour pourraient se transformer en semaines. Comparé à Sydney, je ne suis pas déçu. L'ambiance est tout de suite meilleure. Bars et restaurants un peu partout, quartiers un peu underground. Saint Kilda, le Bondi beach de Melbourne, a une plage plutôt sale mais le coin est dans l'ensemble agréable. Les hommes d'affaires troquent après le bureau leur costume et leur ordinateur portable par leur combinaison imperméable et leur kite surf, et les couchers de soleil rappellent une certaine série à Malibu.





C'est là que je crèche pendant plus d'une semaine. Dans une des rues les moins fréquentables de tout le Victoria parait-il. Petite mise en bouche le premier soir où une prostituée se rhabille à la hâte en bas des escaliers qui mènent à l'appartement. Sympa. Sachant qu'au rez de chaussée se situe un grossiste de viande, l'ambiance est posée.
Arrivé à l'étage, changement radical d'ambiance. C'est un loft construit dans un ancien garage où se rencontrent des artistes en tout genre : peintres, musiciens, sculpteurs, concepteurs de films. Le bonheur ! A l'intérieur le décor est éclectique où tout se trouve : mannequins pour magasins de fringues, vélocross posés sur des étagères, canapés aux couleurs les plus loufoques, boule à facettes sur le séchoir monté sur poulies. Tout est de la récupération m'affirment les colocs. Parce qu'il faut savoir qu'en Australie on jette beaucoup beaucoup.A peine le mobilier est égratiné qu'il se retrouve sur le bord du trottoir. Pour la touche multimédia,Une table de mixage et un écran géant avec projo. Bref, je me sens rapidement très à l'aise. C'est en fait mon amie Julia avec qui j'ai partagé deux mois de voyage (Young, les Blue Mountains, le nouvel an, tout ça tout ça...) qui habite dans ce petit coin de paradis avec un vénézuélien et un australien. A noter la possibilité de faire sa lessive et d'aller sur Internet. Un détail qui peut paraître anodin mais un confort que le backpacker apprécie hautement.






Côté architecture, le centre ville de Melbourne n'est pas flamboyant, et j'avoue même avoir un faible pour Sydney. Hormis quelques gratte-ciel originaux, les rues sont plutôt banales et ressemblent à la plupart des villes nord américaines. Disposées en grille quoi... Après quelques jours de marche, j'avais vite fait le tour. A noter la visite du musée de Melbourne que je conseille vivement de visiter pour ceux qui auraient la chance de se trouver dans les parages. Pour édulcorer ces propos, il faudrait sans doute rester plus longtemps que ça pour apprécier des quartiers moins connus, mais l'appel vers le bush se faisait rapidement sentir.







Côté soirées, c'était finalement assez calme. L'animosité de la vie urbaine me laissait un goût d'amertume en comparaison des grands espaces dont le continent australien regorge. J'ai tout de même eu l'occasion de revoir la majorité de la troupe des piqueurs en Tasmanie qui crêchaient maintenant dans le jardin de ceux qui étaient rentrés plus tôt sur le continent. Entre backpackeurs, il faut savoir être parfois solidaires :oD
A noter aussi une soirée méditation avec mon colocataire vénézuélien accessoirement shaman et connaisseur de la langue Vedic. Une soirée mystique qui me laissera un souvenir impérissable.




En attendant, c'est Raymonde qui a eu quelques problèmes de santé. Elle a maintenant parcouru quelques 8000km en ma compagnie et a donné des signes faiblesse à la fin du road trip en Tasmanie. Rien de grave je vous rassure. Bibi a cueilli suffisamment de cerises pour la faire passer par la case garage. Elle était prête en fin de semaine pour s'attaquer à la Great Ocean Road où un jeune allemand et une hollandaise vont partager le voyage. Et même si depuis beaucoup de choses se sont passées au moment où je vous écris ces lignes, je préfère m'arrêter là pour ne pas vous surcharger de cartes postales.


Des nouvelles ensoleillées pour très bientôt ;o)

mardi 15 février 2011

Spirit of Tasmania

Une étape de mon voyage s'achève... Un mois de Tasmanie qui se conclut de manière onirique. Il eut été malheureux de ne pas visiter ce "petit" bout de terre australien. Tout était prévu ! Après ma (courte) période de travail, me voilà de nouveau sur la route afin de découvrir les différentes régions sauvages de l'île de Tasman. Raymonde en est toute excitée et ronronne comme un coeur.

Au menu : des plages au sable blanc, des montagnes jonchées d'eucalyptus, des plaines arides, des lacs aux eaux sombres et mystérieuses, des rivières limpides, et bien sûr la mer. Beh oui! ya que ça autour ! Enfin... pour être honnête je m'y suis baigné qu'une seule fois durant ce séjour. Officiellement, les eaux sont habitées par de gentils petits squales. Officieusement, l'eau est aussi froide qu'en Bretagne et mon épiderme commence à faire le difficile.

En résumé : une semaine de voyage et quelques 2500km parcourus. Le plan ? Il n'y en a pas, vous commencez à me connaitre maintenant ;o)

Côté logistique, cela semble un peu compliqué. Pas moins de six voitures et treize personnes sont sur le départ pour effectuer ce road trip ensemble. Vous allez donc penser que le plan un peu bancal. Je ne le vous fais pas dire... Dans ce genre d'organisation, on passe plus de temps à s'attendre qu'à voyager. "Attendez, je dois faire le plein d'essence". "Et moi l'envie devient pressante". "Ya pas le dernier numéro de Gala qui vient de sortir ? Juste deux minutes !". "It's beer o'clock. Ya l'apéro qui m'appelle !". Je m'arrête là, mais vous pouvez compléter la liste si votre journée au bureau vous paraît plus longue que d'habitude. Bref, on verra comment cela se déroulera...
A bord de Raymonde, c'est un charmant couple d'anglais, Marc et Sophie, qui prend le rôle de copilotes et accessoirement de rouleurs de cigarettes lorsque le trajet semble un peu long. Ils aiment le rock, la bière et le club de Totenham qui parait-il carbure plutôt bien cette saison en Premier league. Je m'égare, mais peut être que certains lecteurs apprécieront ce détail.


Direction la côte est à Nine mile beach en face du parc de Freycinet. Le temps est magnifique et la marée montante. Un cadre idéal pour essayer ma nouvelle canne à pêche échangée contre une bière avec un français rencontré à Ross. Manque de chance, le moulinet est grippé par le sel et demande à être changé. Une soirée toutefois sympa autour d'un feu et quelques bières. Les vacances quoi :o)






Le lendemain, la remontée de la côte fait place à des paysages sublimes. Le temps est remarquable et l'eau turquoise donne le sourire. Lagoon beach, little beach, autant d'endroits propices pour se prélasser sur le sable et tenter d'attraper quelques poissons. Je n'y connais rien en pêche mais l'excuse est bonne pour s'amuser et boire quelques bières fraiches. Le BBQ est bien sûr de rigueur, mais la pluie nous oblige à passer la soirée dans la voiture. Tout de suite, ca parait un peu moins fun.



Après cette nuit pluvieuse, nous finissons par perdre les autres de vue en faisant un arrêt à la réserve naturelle de St Elens. La pêche est toujours aussi infructueuse, je décide donc d'aller les voir avec mon masque et mon tuba. Et ils sont pourtant bien là ! L'eau claire de la crique laisse découvrir quelques poissons longs comme l'avant bras qui dessinent des cercles autour de moi. En route vers le nord, nous croisons l'équipe des sacoches (deux hollandais un breton) avec qui nous proposons de remonter sur la côte nord est à Tomahawk. Le nom du bled m'inspire et il reste un peu de temps avant qu'il fasse nuit. Nous voilà donc embarqués sur une route de terre avec le soleil en plein dans les yeux et quelques nids d'autruches que Raymonde préfererait ne pas déguster. Une place de camping à trente mètres d'une plage inoccupée, un ciel bleu nuit tapissé d'étoiles, un feu pour le BBQ et réchauffer ses mains prises pour un froid surprenant. Un des aspects du Spirit of Tasmania.






Mais la montagne me manque, et bien que celles d'Australie ne soient pas à la hauteur de celles d'Europe, elles forment un décor qui parfois me coupe le souffle. En route pour Cradle Mountains, nous faisons une halte à Mole Creek qui se transforme davantage en un court séjour. Après avoir de nouveau perdu la voiture des trois sacoches, nous voilà encastrés dans une vallée entourée de moyennes montagnes où coule une rivière. Un spot qui inspire Mark pour y pêcher. Mais la nuit tombe et nous n'avons aucun endroit où poser la tente. La magie du voyage s'opère grâce à un habitant (d'origine anglaise de surcroit) avec qui mes compagnons sympathisent nous proposant de camper dans son champ juste à côté de sa maison. Aucun problème pour faire un feu, possibilité de prendre la douche chez eux avec café tout chaud à la clé. Le rôle de squatteur est au premier plan mais l'offre ne peut pas être refusée.





La date de retour sur le continent approche, ce qui nous incite à partir de cet endroit magnifique après plus de deux jours de détente. Sur notre route vers les Cradle Mountains, nous traversons un plateau d'eucalyptus pétrifiés par la mort aux formes les plus étranges, donnant une touche de beauté effrayante, tel un paysage du Mordor. L'énergie que dégage cette terre tasmanienne se fait encore davantage ressentir lorsque nous randonnons vers le mont Cradle. La flore est toujours aussi saisissante et la faune ne se fait pas prier. Du haut d'un col, nous observons avec stupéfaction l'ombre d'un animal marin dépassant les trois mètres. Le mythe du monstre du Loch ness n'est pas loin mais je n'est pourtant pas rêvé. En témoigne mon ami Mark qui a eu la même réaction que moi. Sur le retour, ce ne sont pas moins de trois "wedge-tailed eagles" dépassant les 1m50 d'envergure que nous observons décoller sur la route devant nos yeux. Un oiseau jugé rare de par sa beauté.









La fin du voyage semblait être prometteuse, avec la visite de la côte nord ouest pour tenter de remonter mon niveau de pêche lamentable. Nous retrouvons de nouveau le groupe des sacoches qui ont la même idée que nous. Mais le temps est tellement mauvais qu'il nous oblige à abandonner l'idée après quelques tentatives et rebrousser le chemin vers Devenport, port d'escale pour notre ferry du lendemain.


Cette soirée aura été de tous les contrastes, avec le choc du retour en ville et ce qui en découle : le bruit, la foule et le béton. Une nuit inconfortable dans la voiture garée sur un parking qui n'aura pas beaucoup rechargé les batteries. Mais l'honneur est sauf ! Je n'ai pas manqué le bateau.

Amis d'Europe et d'ailleurs, bonne soirée et à bientôt.

mercredi 2 février 2011

Ross, Tasmania

Nouvelle année, nouveaux challenges. C'est le Ricus 2011 qui affiche son ambition : le travail !

Je vous rassure, ce n'est pas une sinécure. Avec un petit mois de travail lors de ces 6 derniers mois, j'ai fini par perdre la notion de ce terme. Mais lorsque le portefeuille crie famine, la motivation n'est pas difficile à trouver.

Me voilà donc en Tasmanie à Ross dans le midwest, petit village charmant où les touristes sont plus nombreux que les habitants. Un bar, un bureau de poste, deux boulangeries et une station service, le tout dans une rue calme bordée d'arbres centenaires. Pour la minute histoire et patrimoine, Ross possède l'un des tous premiers ponts en Australie par des forçats en 1836. Voilà ! le décor est planté.



Ross, petit village charmant au milieu de la Tasmanie

Pour arriver à destination, il faut reprendre la route principale vers la capitale Hobart au Sud de l'île. Après quelques kilomètres se situe la ferme où je vais passer un mois à cueillir des cerises. Pas moins de 50 tonnes nous attendent et les jours vont être longs. Une vingtaine de pickeurs sont sur le site prêts à partager cette fantastique aventure. Ils viennent d'un peu partout : Allemagne, Hollande, Angleterre, Taïwan, Japon et bien entendu la France qui forme le gros des troupes. Cocorico !
Une bonne bande de fêlés qui comptent tout comme moi faire le tour de l'Australie, et au passage un bon paquet de pognon à cueillir des cerises. Et l'affaire s'annonce juteuse car Les cerises sont grosses comme des prunes. Je ne parle pas du patron qui stresse comme un fou à la vue de toutes ces cerises qui peuvent tomber si une satanée intempérie déboule. La voilà la carotte, l'appât du gain se fait sentir et la motivation n'est pas difficile à trouver ! Malheureusement, le travail n'arrive pas tout de suite car les cerises ne sont pas prêtes et le temps est morose. C'est marrant, on se croirait en Bretagne. Après un court voyage du côté du parc de Freycinet et la vue d'une côte de granit rose (décidément), nous voilà un peu coincés à la ferme à ne savoir que faire de notre pauvre existence. Qu'à cela ne tienne, avec tous ces barjots l'ambiance n'est pas difficile à mettre au beau fixe : guitares, harmonicas, jeux de cartes et de société, un peu (beaucoup) d'alcool et le tour est joué. On assiste à un remake de colonie de vacances pour adultes (quoique...) et la connaissance des comparses n'est pas difficile à établir. Ils font dans la vie de tout et n'importe quoi, ont l'esprit ouvert et l'âme généreuse. Et c'est pas de trop, car partager une gazinière électrique et un frigo à vingt personnes demande de l'organisation et une certaine flexibilité. Pas di problém ! le groupe s'organise, les courses se font en gros et on s'assoit là où on peut pendant les repas. Pour le logement, c'est premier arrivé premier servi. J'ai la chance de bénéficier d'une chambre avec un collègue hollandais. Pas de porte ni de volet certes, mais au moins je suis au sec et à peu près au chaud. Ceux qui seront arrivés plus tard n'auront que le choix de la tente ou la voiture. Et croyez moi, certaines nuits ont vraiment été glaciales. Pas toujours la panacée après une journée de travail de 12h :oS

Environ deux semaines après mon arrivée, le boulot démarre enfin sérieusement avec pas moins de 14 jours de cueillette non stop atteignant parfois 13h par jour. J'avoue avoir eu parfois quelques signes de faiblesse en manquant le dernier jour et d'en avoir même rêvé pendant la nuit. Et pourtant ! Quelle chance de pouvoir travailler debout à l'ombre des arbres alors que certains métiers agricoles demandent de se casser le dos toute la journée sous le soleil australien. Et puis... sur le flanc d'une colline, la vue sur la vallée est imprenable.

L'hygiène de vie en prend quand même pour son grade, notamment la nourriture. Sans compter le manque de place dans la cuisine, le coeur n'y est plus à préparer les repas pour 10 personnes. Du coup les pâtes alternent avec le riz, et les légumes se résument à des boites de conserve. Je me souviens tout particulièrement d'un repas de midi où mon ami Tim nous prépara de la mousline à la tomate en conserve. Délicieux ! Je tiens à rassurer ma chère Maman que nous avons toutefois préparé des plats équilibrés lorsque l'occasion (la motivation je l'avoue) se présentait.

Une fin de cueillette sur les rotules, une fête de remerciement dans la cottage du patron, quelques larmes lors du speech de ce dernier, et une soirée mémorable qui clôt ce séjour de manière brillante. J'adore.

Trèves de blabla, je vous laisse quelques photos de ce séjour qui me laisse presque déjà nostalgique.

Je vous embrasse tous bien fort.



Mark l'anglais qui fait la cuisine. On aura tout vu.


Journée relaxation avec pêche et baignade

Vue depuis le verger

Remise des trophées des meilleurs éléments de la "Cherry Picking Team"

Sam le patron à droite. L'homme qui insère le plus de "fuck" dans une phrase au Monde. Ex : "Fuck! I give you fuck. Fuck off!!"


Séance désaltération après une journée de travail

Thomas hollandais participe au nettoyage de la cuisine. Un fait rare à prendre en photo.
Tim hollandais après la cueillette sous la pluie. Thanks god! Le raggae redonne un peu de soleil !

Lever de soleil avant d'aller au travail. Pas dégueu...

Porte d'entrée d'un ancien collège catholique en ruine, près de notre campement.


Les pickeurs français en force !
Soirée BBQ

L'équipe au complet :o)