Oyoyo !
Cette halte en milieu urbain ne m'était maintenant pas arrivée depuis Melbourne, soit en Février dernier. Après un mois de Vadrouille entre Adélaïde et Perth, c'est finalement à Fremantle que je me suis arrêté. La banlieue chic du Sud de Perth a tous les attraits d'une ville charmante, où les touristes affluent en masse notamment l'été. Et bien qu'étant arrivé en fin d'automne, le caravan park dans lequel je m'installe pour cette période reste très fréquenté. D'une part par les retraités australiens continuant leur road trip à bord de leur énorme camping car, ou les backpackers en tente posant leur sac dans la région pour se refaire une santé financière. Le temps reste splendide mais les températures chutent brutalement dès que le soleil se couche, soit vers 18h. Eh oui ! en hiver le soleil se couche tôt ici aussi, chose qui n'est pas facile quand on est backpacker ! Les corps fatigués après plusieurs mois de voyage commencent à tirer dur par ces températures glaciales, et la couverture en laine de Nouvelle Zélande ne suffit malheureusement pas à se protéger du froid sous la tente. Quelques nuits en auberge seraient les bienvenues, mais le dilemme financier refait à chaque fois surface : économiser de l'argent rapidement dans des conditions limites dans l'espoir de repartir plus vite vers la chaleur du nord, ou s'offrir un peu plus de confort quitte à s'installer plus durablement dans la région. Vous l'aurez bien compris, la première option reste celle que que me suis fixée. Qu'on se le dise, le temps passe vite et l'envie de repartir est vite revenu : les conditions climatiques (il est hors de question que l'achat d'un vêtement d'hiver soit mis sur le tapis !) mais aussi le travail en ville qui m'a fait redescendre sur terre.
Ah ! Le travail... Après quelques journées de détente entre balade dans la ville et pêche (j'ai enfin attrapé mon premier poisson avec ma canne : une sole qui plus est !), je m'attaque motivé à la recherche d'un boulot : bars, restos, hotels. Avec un joli CV rempli d'expériences aussi improbables les unes que les autres, je n'hésite pas à insister sur mes compétences multiples et mon acharnement au travail. C'est finalement dans le café resto où je me suis posé le premier jour à Fremantle (pour déguster un café accompagné d'une part de gateau, le tout pour 11$ - on ne badine pas avec les prix en Australie) que je décroche en emploi comme "Kitchen Hand", plus exactement de plongeur. Après tout, faire la plonge ne demande pas trop de faire tourner les méninges, suffit juste de faire tremper les mains dans la flotte sale et frotter les casseroles. L'horreur ! Comment peut-on faire ce métier des mois de suite sans pêter un cable ? Je débute bien sûr par la fin de semaine où la clientèle est la plus présente, lorsque les montagnes de vaisselle s'agglutinent sur mon minuscule espace de travail. L'équipe en salle se dispute avec celle en cuisine pour faire laver leur vaisselle en priorité, sans compter la passage de la serpillère entre deux piles immenses d'assiettes et le vidage de poubelles débordantes, et que le chef cuisinier t'ordonne de t'apporter une pile d'assiettes propres à son plan de travail sur le champ. Un stress et une énergie bien trop importants pour le temps passé au travail, soit le revenu généré. Ricus a rapidement posé l'équation et ne se fait pas prier. Après quatre jours de travail épuisant, je rends l'éponge (celle là elle était facile je l'admets ;oP) et me pose la question à partir d'ici.
Mais le plus original arrive.
Le lendemain, un appel provenant d'une agence d'interim dans laquelle j'ai postulé me propose ainsi qu'à un ami hollandais - ancien compagnon de chambre en Tasmanie - de travailler dans une usine d'emballage de viande. Après tout, les emplois d'hospitalité sont plutôt compromis après ma malheureuse expérience de la semaine passée et mon compte bancaire crie toujours autant famine. Le lendemain, nous voilà bardés d'un équipement complet d'ouvrier d'usine : pantalon et chemise de coton, charlotte, protège barbe pour mes trois poils au menton, tablier, boules quies, gants et manchettes en plastique, et chaussures de sécurité. A l'intérieur de l'édifice, de la viande de porc partout ! sur des pieux, des restes par terre et sur les murs, ou encore accroché en dessous des souliers. La vue et l'odeur donnent la nausée. Le sang coule constamment vers les bouches réparties un peu partout dans l'immense salle de découpe.
Côté travail, les tâches sont assez simples. Des camions remplis de demi cochons et de têtes débarquent, puis sont déchargés pour les faire coulisser sur des longs pics métalliques afin de les stocker dans des chambres froides. Puis vient le début de la chaîne de découpe : les bouchers s'en donnent à coeur joie en séparant les différents morceaux de l'animal dans différents chariots. Puis arrive ensuite la pesée et l'emballage : 600kg de cuisse par ci, 80kg de joue de porc par là (étant fan des joues de porc cuisinées au Sablier à Rennes, j'ai vite déchanté...). Après une semaine de travail, j'arrive finalement à m'habituer à cette scène quotidienne de massacre, mais mon expérience s'arrêtera à deux. Et combien de semaines avant de remanger du porc ? Plusieurs c'est à peu près certain ^^
Côté détente et fête, j'ai eu le plaisir de passer un petit weekend dans le bush au nord de Perth pour participer à une free party en compagnie de locaux alternatifs et de backpackers sur une immense propriété comprenant un lac. Histoire de se mettre un peu de son techno dans les oreilles en compagnie d'un couple de normands rencontrés dans la Barossa, à danser toute la nuit autour d'un immense feu :o)
Après ces deux expériences professionnelles courtes mais intenses, l'envie de repartir est étonnemment rapidement revenue. J'ai entendu dire que la cueillette de poivrons, de tomates et d'aubergines se déroulait à 1000km au Nord de Perth (une bagatelle pour ce vaste Etat quatre fois comme la France). Je compte donc me faire une petite semaine de détente le long de la côte avant de repartir pour quelques semaines de travail. J'aurai d'ici là plus d'informations à vous fournir. Sur ce, je vous laisse car demain à 6h on m'attend de nouveau pour pousser du cochon dans les salles froides !
Bonne fin de semaine à vous !
Enfin !!
Coucher de soleil sur Fremantle, la classe
Free party à Gingin
Vive le meat packing!
La crew au caravan park
Salut Ericus
RépondreSupprimerEh bien mon colon que peux tu encore faire?
Ah oui il me vient une idée originale
" CASSER DES CAILLOUX"
C'est vraiment pas original mais ça me démangeait
Bon courage pour la suite et prend soin de toi
Hello Eric,
RépondreSupprimerTu m'étonneras toujours, tu auras tout fait, c'est un défit ? Ton récit s'accompagne encore avec de superbes photos. A bientôt !
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimertrainer avec des bouchers ça ne te change pas trop... les bouchers des SSII, tu t'en rappelles surement ^^
RépondreSupprimertrès bon billet as usual.
deviens romancier a ton retour.