lundi 7 mars 2011

En route vers l'ouest : de Melbourne à Adélaïde

Ooroo Melbourne!

Ce bain de foule dans la capitale du Victoria a été pour moi une première étape charnière dans ce tour d'Australie, aussi bien géographique que psychologique. Un temps de réflexion sur la route prochaine qui attend d'être traçée, mais aussi une hésitation soudaine sur la continuation du voyage. Il arrive à un moment où le doute s'installe dans l'esprit du backpacker qui passe son temps à vagabonder. Le manque d'envie, le mauvais temps, le corps courbaturé par les nuits en tente, le manque de confort, la nostalgie de sa chère patrie sont autant de paramètres qui ébranlent la motivation d'aller de l'avant. Cette ville était aussi la dernière étape avant de me diriger vers l'ouest du pays. L'été s'achevait et le temps morose présageait un automne pluvieux. Mais où était donc cette Australie du soleil que ses chers autochtones vantaient au travers de la planète ? La pluie était dans la tête des voyageurs et prenait une place importante dans les conversations quotidiennes. Moi qui n'avait toujours pas d'imperméable, je luttais contre l'idée d'en acheter un mais il aurait parfois été bien utile. Sans vraiment se le dire, nous avons tous espoir de trouver mieux vers l'ouest, plus précisément jusqu'à Adélaïde. Une région où les vignobles recouvrent des collines et vallées baignées par le soleil de l'Australie du Sud. Un petit bout de chemin tout de même. Le lecteur mp3 est chargé à bloc pour accompagner le ronronnement du moteur de Raymonde. Celle-ci commence à s'ennuyer ferme à crêcher dans la rue.

Accompagné d'un jeune allemand et d'une hollandaise ayant répondu à mon annonce, nous commençons par la mondialement connue Great Ocean Road. Une route spectaculaire longeant la côte ouest du Victoria où les vagues se déchainent contre les rochers de Limestone. Cette côte déchiquetée illustre un paysage de toute beauté avec notamment les douze apotres, ces éperons rocheux en pleine mer qui continuent de résister au fracas incessant de l'eau. Mes compagnons de voyage ne sont pas très bavards et semblent manquer d'initiative. Rapidement, je me rends compte qu'ils attendent souvent de moi de tout gérer, que ce soit l'itinéraire, la cuisine ou le rangement. Grâce à ma patience et mon calme légendaires, je leur fais part le deuxième jour de mes craintes sur la façon d'aborder le voyage, et que je ne suis pas franchisé par le club Med. Malgré quelques efforts notables par la suite, je pense malheureusement être tombé sur des gens qui manquent d'intérêt. Le partage d'un voyage avec des gens que l'on ne connait pas est à l'image d'une loterie. Pour me consoler, je finis par retrouver sur la route mes amis hollandais avec qui j'ai passé un mois en Tasmanie. L'ambiance est tout de suite revenue au beau fixe et le voyage prit davantage de légèreté.







Après une soirée pêche une nouvelle fois infructueuse (je compte bientôt me porter candidat pour le titre du pire pêcheur breton), nous décidons de faire un crochet par les Grampians un peu plus dans le terres. Mauvais coup du sort : ce parc national a été victime d'innondations monstres plusieurs semaines auparavant et la route principale est coupée. Les ponts ont cédé sous la pression des eaux de pluie torrentielles, sans parler des glissements de terrains. Après une randonnée dans la partie restée intacte, retour vers l'océan où l'appel de la baignade se fait entendre.







Arrivés à Bridgewater à l'ouest de Portland, c'est un convoi de huit français ayant travaillé aussi en Tasmanie que nous retrouvons. Assez de gens pour faire un petit soccer sur la plage déserte avant d'aller se laver dans la mer. C'est ensuite le départ des hollandais pour Adélaïde. Bien dommage car je ne suis pas pressé et il reste de nombreux endroits intéressants à voir. J'arrive à remplacer dans mon convoi l'hollandaise par un breton de Saint Brieuc (cf la photo de mon précédent message où il brandit tout sourire un cubi de vin).
Après une courte balade "dans" (je dirais plutôt "sur") une forêt pétrifiée, je repars avec le groupe de français pour nous perdre dans un parc national à la recherche d'un camping gratuit. Au bout de deux heures de recherche, le camping se transforme en un croisement de deux routes. Il n'en faut pas plus pour diner et dormir...



Le lendemain, nous franchissons enfin la frontière entre le Victoria et l'Australie du Sud par un court passage à Mont Gambier puis un arrêt à Carpenter Rocks, un site magique respecté des aborigènes. Une forêt pétrifiée bordée de rochers tranchants et de plages aux eaux turquoises. Je ne me fais pas prier pour sortir le masque et le tuba et aller observer les poissons. Un coucher de soleil idyllique parachève le tableau qui rappelle un peu la côte de Granit rose à Perros Guirec...





Le temps passe vite, mais l'envie de prolonger le voyage est trop forte et l'argent est encore dans les poches. Un bon indicateur pour réguler la vitesse de croisière. Beachport puis Kingston ne s'apprécient peut-être pas à leur juste valeur mais le temps est mauvais. On sort le goon et les rencontres se font autour du barbecue près d'un camping improvisé en face de la plage. En remontant la côte le long du Koorong National Park, c'est une faune et une flore étonnantes autour de marais salants qui s'offrent à nous . Serpents, lézards et pléthore d'oiseaux migrateurs se partagent une région mêlant le bleu, le rouge, le vert et le jaune des fleurs sauvages avec le blanc laiteux de lacs salés. Sans parler des millions de fourmis qui grouillent et nous montent dessus si on a le malheur de rester immobile pendant plus de vingt secondes. Magnifiquement hostile...






Puis à Victor Harbor nouvelle claque. La côte est étrangement semblable à la côte costormoricaine, façon Ploumanac'h. Nous faisons une rencontre avec un gardien d'une petite île en face et tente de nous montrer des pingouins à la nuit tombée. N'ayant pas d'endroit où dormir, celui-ci nous ouvre les portes de sa maison pour la nuit. Une nouvelle preuve de générosité que les australiens savent montrer aux voyageurs étrangers.





L'argent commence à descendre, et l'envie de cesser le voyage avec le jeune allemand devient pressant. son manque de conversation fait dériver les conversations en français et le met du coup sur la touche. Le 2 Mars 2011, nous entrons dans la capitale des festivals australiens afin de profiter une nouvelle fois d'un bain de foule. Avec de nouvelles rencontres qui dessineront la suite du voyage. Et c'est là que se termine mon texte, histoire que vous puissez reprendre votre activité ;o)

A très bientôôôôt !

PS : Vous ne savez pas ce qu'est une forêt pétrifiée ? Prenez quelques minutes de plus pour regarder ça sur Internet ;oP

6 commentaires:

  1. Hi vieux rennais,

    a lire ton billet on te sent vraiment blase par le mauvais temps, ou du moins dubitatif quant aux prochaines semaines. aussi, si j'étais toi, je me garderais un peu de pognon, et je finirais par passer un petit mois au soleil en Thaïlande ou au Vietnam. certes, ca n'est plus le même délire mais ca te permettrait de finir tout ca par du soleil !!!

    pour le coup si tu le fais, tu n'auras pas besoin de ta tente etc... j'ai par exemple remonte le Vietnam en 15 jours pour la modique somme de 300 USD voyage du sud au nord/hotel/bouffe/visite et je n'avais rien prépare, preuve que ca reste accessible a tous même a l'arrache puisque je n'avais pas de guide et surtout je n'avais rien prepare... j'ai juste pris un billet d'avion jusqu'a ho chi minh...

    bref c'est juste une idée pour finir en beauté et prendre une nouvelle bonne claque.

    ++ vieux rennais !

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  2. hola muchacho,
    je crois avoir vu une forêt pétrifiée en Nouvelle-Calédonie dans le parc de la rivière bleue! Un paysage lunaire qui m'a fait pensé au film l'histoire sans fin sous un soleil de plomb ;)
    j'ai eu mes 1ers examens en janvier pour le master, très brillants les résultats 14,3 de moyenne! je vais les bouffer les p'tits jeunes au concours! sinon je reviens d'un périple à madrid, une bien jolie ville!
    content de lire tes virées australiennes!
    hasta luego!
    le lanceur de canette

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  3. Hey crousti :
    300 USD, ou 24809 Yens ou encore 6 263 775 VND ...
    Sinon, il y a l'Euro comme standard européen !

    Mis à part cet aparté,
    tes premières photos, Ricky, de la côte avec des rochers, on croirait le décor de la planètes des singes (Crousti aurait écrit The Planet of the apes). En termes de paysage, de loin les plus impressionnantes photos pour moi !

    Sinon, hormis l'hospitalité, quelques relations humaines exotiques à signaler ?

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  4. @Julien : excellent tes résultats ! Je te vois déjà avec les lunettes sur le bout du nez et un élève la tête à l'envers dans chaque main ^^

    @Crousti : t'inquiète, c'est déjà au programme ;o)

    @Manu : pour les rencontres exotiques, il faudra attendre le prochain billet d'humeur ;oP

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  5. Et cet allemand, peu de conversation mais J'ESPERE BEAUCOUP DE RIGUEUR !

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  6. Est-ce toi Eric qui te cache de la pluie sous le rocher ? Les rochers ont des formes qui peuvent faire travailler notre imagination. Bonne route sous le beau temps si possible !!!

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