mardi 15 février 2011

Spirit of Tasmania

Une étape de mon voyage s'achève... Un mois de Tasmanie qui se conclut de manière onirique. Il eut été malheureux de ne pas visiter ce "petit" bout de terre australien. Tout était prévu ! Après ma (courte) période de travail, me voilà de nouveau sur la route afin de découvrir les différentes régions sauvages de l'île de Tasman. Raymonde en est toute excitée et ronronne comme un coeur.

Au menu : des plages au sable blanc, des montagnes jonchées d'eucalyptus, des plaines arides, des lacs aux eaux sombres et mystérieuses, des rivières limpides, et bien sûr la mer. Beh oui! ya que ça autour ! Enfin... pour être honnête je m'y suis baigné qu'une seule fois durant ce séjour. Officiellement, les eaux sont habitées par de gentils petits squales. Officieusement, l'eau est aussi froide qu'en Bretagne et mon épiderme commence à faire le difficile.

En résumé : une semaine de voyage et quelques 2500km parcourus. Le plan ? Il n'y en a pas, vous commencez à me connaitre maintenant ;o)

Côté logistique, cela semble un peu compliqué. Pas moins de six voitures et treize personnes sont sur le départ pour effectuer ce road trip ensemble. Vous allez donc penser que le plan un peu bancal. Je ne le vous fais pas dire... Dans ce genre d'organisation, on passe plus de temps à s'attendre qu'à voyager. "Attendez, je dois faire le plein d'essence". "Et moi l'envie devient pressante". "Ya pas le dernier numéro de Gala qui vient de sortir ? Juste deux minutes !". "It's beer o'clock. Ya l'apéro qui m'appelle !". Je m'arrête là, mais vous pouvez compléter la liste si votre journée au bureau vous paraît plus longue que d'habitude. Bref, on verra comment cela se déroulera...
A bord de Raymonde, c'est un charmant couple d'anglais, Marc et Sophie, qui prend le rôle de copilotes et accessoirement de rouleurs de cigarettes lorsque le trajet semble un peu long. Ils aiment le rock, la bière et le club de Totenham qui parait-il carbure plutôt bien cette saison en Premier league. Je m'égare, mais peut être que certains lecteurs apprécieront ce détail.


Direction la côte est à Nine mile beach en face du parc de Freycinet. Le temps est magnifique et la marée montante. Un cadre idéal pour essayer ma nouvelle canne à pêche échangée contre une bière avec un français rencontré à Ross. Manque de chance, le moulinet est grippé par le sel et demande à être changé. Une soirée toutefois sympa autour d'un feu et quelques bières. Les vacances quoi :o)






Le lendemain, la remontée de la côte fait place à des paysages sublimes. Le temps est remarquable et l'eau turquoise donne le sourire. Lagoon beach, little beach, autant d'endroits propices pour se prélasser sur le sable et tenter d'attraper quelques poissons. Je n'y connais rien en pêche mais l'excuse est bonne pour s'amuser et boire quelques bières fraiches. Le BBQ est bien sûr de rigueur, mais la pluie nous oblige à passer la soirée dans la voiture. Tout de suite, ca parait un peu moins fun.



Après cette nuit pluvieuse, nous finissons par perdre les autres de vue en faisant un arrêt à la réserve naturelle de St Elens. La pêche est toujours aussi infructueuse, je décide donc d'aller les voir avec mon masque et mon tuba. Et ils sont pourtant bien là ! L'eau claire de la crique laisse découvrir quelques poissons longs comme l'avant bras qui dessinent des cercles autour de moi. En route vers le nord, nous croisons l'équipe des sacoches (deux hollandais un breton) avec qui nous proposons de remonter sur la côte nord est à Tomahawk. Le nom du bled m'inspire et il reste un peu de temps avant qu'il fasse nuit. Nous voilà donc embarqués sur une route de terre avec le soleil en plein dans les yeux et quelques nids d'autruches que Raymonde préfererait ne pas déguster. Une place de camping à trente mètres d'une plage inoccupée, un ciel bleu nuit tapissé d'étoiles, un feu pour le BBQ et réchauffer ses mains prises pour un froid surprenant. Un des aspects du Spirit of Tasmania.






Mais la montagne me manque, et bien que celles d'Australie ne soient pas à la hauteur de celles d'Europe, elles forment un décor qui parfois me coupe le souffle. En route pour Cradle Mountains, nous faisons une halte à Mole Creek qui se transforme davantage en un court séjour. Après avoir de nouveau perdu la voiture des trois sacoches, nous voilà encastrés dans une vallée entourée de moyennes montagnes où coule une rivière. Un spot qui inspire Mark pour y pêcher. Mais la nuit tombe et nous n'avons aucun endroit où poser la tente. La magie du voyage s'opère grâce à un habitant (d'origine anglaise de surcroit) avec qui mes compagnons sympathisent nous proposant de camper dans son champ juste à côté de sa maison. Aucun problème pour faire un feu, possibilité de prendre la douche chez eux avec café tout chaud à la clé. Le rôle de squatteur est au premier plan mais l'offre ne peut pas être refusée.





La date de retour sur le continent approche, ce qui nous incite à partir de cet endroit magnifique après plus de deux jours de détente. Sur notre route vers les Cradle Mountains, nous traversons un plateau d'eucalyptus pétrifiés par la mort aux formes les plus étranges, donnant une touche de beauté effrayante, tel un paysage du Mordor. L'énergie que dégage cette terre tasmanienne se fait encore davantage ressentir lorsque nous randonnons vers le mont Cradle. La flore est toujours aussi saisissante et la faune ne se fait pas prier. Du haut d'un col, nous observons avec stupéfaction l'ombre d'un animal marin dépassant les trois mètres. Le mythe du monstre du Loch ness n'est pas loin mais je n'est pourtant pas rêvé. En témoigne mon ami Mark qui a eu la même réaction que moi. Sur le retour, ce ne sont pas moins de trois "wedge-tailed eagles" dépassant les 1m50 d'envergure que nous observons décoller sur la route devant nos yeux. Un oiseau jugé rare de par sa beauté.









La fin du voyage semblait être prometteuse, avec la visite de la côte nord ouest pour tenter de remonter mon niveau de pêche lamentable. Nous retrouvons de nouveau le groupe des sacoches qui ont la même idée que nous. Mais le temps est tellement mauvais qu'il nous oblige à abandonner l'idée après quelques tentatives et rebrousser le chemin vers Devenport, port d'escale pour notre ferry du lendemain.


Cette soirée aura été de tous les contrastes, avec le choc du retour en ville et ce qui en découle : le bruit, la foule et le béton. Une nuit inconfortable dans la voiture garée sur un parking qui n'aura pas beaucoup rechargé les batteries. Mais l'honneur est sauf ! Je n'ai pas manqué le bateau.

Amis d'Europe et d'ailleurs, bonne soirée et à bientôt.

6 commentaires:

  1. ouais tottenham cartonne bien, ca m'etonnerait pas que les voleurs de coupe du monde perdent ce soir !!!

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  2. et même pas trace de Taz ?! bonne continuation sur le continent en tout cas !

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  3. On reconnait bien la meilleure (hem...) bière tasmanienne, la fameuse boag's draught, qui de par l'odeur ou le gout ressemble à la kro ^^. Merci pr ces photos de Tasmanie, et bonne Great Ocean Road ;)

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  4. Quelle prose Eric !!! C'est toujours un délice de parcourir en même que toi toutes ces richesses de la nature, un vrai régal.

    Bisous et à bientôt !

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  5. Incroyable paysages, énorme !! Avoue quand même que tu brules d'impatience de geeker dans un bureau pour une SSII :)

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