Young : capitale australienne de la cerise, 7000 ames, comptez quatres bonnes heures de route à l'ouest de Sydney.
C'est le début du bush, les interminables routes sinueuses bordées par les champs de Paterson's curse, ces fleurs mauves enviées par les sydneysiders avides de nature et maudites par les fermiers qui les considèrent comme de la mauvaise herbe. Les kangourous écrasés le long de la route sont fréquents, les lorikeets et les galahs planqués dans les fossés attendent que les tracteurs équipés d'immenses remorques chargées de blé sèment quelques graines le long de la route.
Ne cherchez pas les activités dans cette région, il y en a pas si ce n'est la piscine extérieure. Pas de sentier de randonnée, pas de crique ou de rivière pour s'y baigner. Pour appuyer ce constat pathétique, c'est la ville d'Australie où le suicide de jeunes est le plus élevé. Ambiance...
Néanmoins les couchers de soleil sont magiques, presques oniriques avec un panache de couleurs qui laisse rêveur après une bonne journée de travail.


Justement, le travail parlons en. c'est ce qui attire ici les jeunes voyageurs, plus particulièrement le fruit picking (en français, la cueillette de fruits).
Justement, le travail parlons en. c'est ce qui attire ici les jeunes voyageurs, plus particulièrement le fruit picking (en français, la cueillette de fruits).
Pour ma part, j'ai rendez vous avec un apiculteur pour un éventuel travail à la clé. Vous vous souvenez de mon précédent message j'espère ? :o)
La peau cuivrée par le soleil, le regard dur et les mains caleuses, ce type a tout l'air d'un solide gaillard du bush. Dans un anglais incompréhensible que seuls les australiens ont le secret, il me propose de commencer dès le lendemain à 7h. Je ne connais pas le boulot exact, encore moins le salaire, mais ma dernière expérience avait été tellement mauvaise que je suis prêt à bosser tête baissée. En guise d'hébergement, il me ramène une caravane et l'installe à côté d'un entrepot.
J'apprends que c'est là je vais travailler à extraire du miel. Tout ça me semble plutôt original. Un baroudeur français vivant dans une roulotte qui extrait du miel, pas tous les jours que ça m'arrive. Mais je vais vite déchanter...
Entre temps, je rencontre un groupe de cinq français assis dans la rue avec un carton "Need to buy a car". Ils souhaitent faire la tournée des vergers dans l'espoir de décrocher un boulot. Ils ne se connaissent que depuis 48h et n'ont qu'un budget commun d'à peine 1500$. Mode freestyle, j'aime. Pour la petite histoire, je les ai retrouvés le lendemain lors d'un diner éclairé par la pleine lune apprenant qu'ils avaient finalement trouvé une berline dans laquelle ils ont passé leur première nuit. Mode Tetris, j'adore.
Mais qu'en était il de cette deuxième expérience en apiculture ? J'y viens, un peu de patience chers lecteurs. Installé devant un extracteur de miel (sorte de plan de travail monté en chaîne), mon travail consistait à réquésitionner les cadres des ruches sortant du découpeur de cire (pour libérer le miel), les faire coulisser le long de deux longues tiges en métal à destination de la centrifugeuse, gratter la cire restante sur le dessus des cadres et les placer enfin dans la centrifugeuse. Autour de cette noble activité, il fallait aussi déplacer les centaines de ruches une fois finies, et nettoyer chaque jour un entrepôt couvert de cire et de miel collants. Une autre petite histoire, certains se souviennent-il dans les Aventures de Rabbi Jacob de la scène avec le chewing gum partout sur le sol. Eh bien il m'est arrivé la même avec du miel lorsque la cuve était pleine et que le patron a oublié d'arrêter la pompe. Je vous laisse imaginer la scène...
Pour cette expérience je vous fais le bilan en chiffres : durant 3 jours, à hauteur de 10 heures de travail quotidien en comptant une pause unique de 20 minutes, nous avons extrait à 3 personnes 6 tonnes de miel, avec une moyenne de 4 piqures par jour pour un total de 240$, soit 180€. Une expérience nouvelle certes mais vu le salaire, je n'étais pas mécontent que cela s'arrête là.
Pour les photos de cette expérience, ca sera niet. Vous n'avez donc pas compris ? Je n'avais vraiment pas le temps pour ce genre de futileries... Qu'à cela ne tienne, je vous en laisse quelques une qui sauront redonner un peu de gaieté dans ce message ;o)
Maintenant, il va falloir trouver un autre boulot. Oui mais dans quoi ? Vous avez deviné ? Indice : pensez à la renommée de Young :o)
Et c'est là qu'intervient de nouveau le groupe de français dont je vous ai parlé. Et comme je ne veux pas non plus m'éterniser sur ce message, j'ai délibérément intitulé ce message "Part I".
La suite pour bientôt !
Dur la culture, il faut le mériter. J'imagine la suite, mais suspens !!! Bon courage.
RépondreSupprimerune question me turlupine : 240$ pour trois fois 10heures c'est pour les trois personnes ou pour une personne
RépondreSupprimerBen mon vieux faut l'mériter son argent!
bon courage et a+
lance toi dans les pompes funèbres mec... ^^
RépondreSupprimerJe sais pas pourquoi je te vois bien écraser des fruits avec les pieds... mais pas des châtaignes hein ^^
RépondreSupprimerla suite, la suite...
RépondreSupprimerC dommage tu avais une suite "Royal" à ta disposition !!! Bon courage pour les cerises, tu as de l'expérience dans le domaine ;-)
RépondreSupprimerc'est avec avidité que j'ai lu la suite de tes aventures mais avec un peu de retard que je réagis
RépondreSupprimerNéanmoins j'attend la suite avec impatience
bon courage mon garçon